Présentation
Le terme Jyotish est le terme utilisé en Inde, il peut signifier simplement "science de la lumière", il me semble mieux convenir qu'un autre mot souvent pris, 'Astrologie Hindoue', pour deux raisons : L'Hindouisme en tant que religion est distincte de la science divinatoire des astres. Ensuite, il ne semble pas que les 'seuls' hindous en ait été les fondateurs. Non plus qu'ils en furent, ou soient, les uniques pratiquants. Il existe aussi le terme "Astrologie Védique", cependant les méthodes astrologiques ne se retrouvent pas dans les Védas (écritures saintes védiques) au sens ou un astrologue pratiquant comprend une méthodologie astrologique. On peut cependant comprendre cette appelation vu la symbiose entre le sacré et le profane en Inde, qui imprégne les différents aspects de la vie. On sait aussi que les grands astrologues du Jyotish sont souvent des Sages en Inde, réels, ou parfois supposés, et ainsi considérés comme des Gurus littéralement (on note que le mot Guru signifie Jupiter), ce qui tranche avec l'approche occidentale plus compartimentée.
L'origine de cette astrologie est floue et se perd dans la nuit des temps. On lui donne souvent en Inde une origine divine, révélée à l'homme. L'un des ouvrages classique le plus réputé, le Hora Shastra de Parasara, est un dialogue entre le Sage Parasara et son disciple Maitreya. Il lui demande de lui enseigner l'art divin astrologique. Ce dernier commence le récit qu'il va poursuivre le plus souvent en une suite de yogas, on dirait aphorismes en Occident, traitant des divers domaines de vie tels que l'organise la méthodologie astrologique. Ainsi chaque Bhava, ou Maison astrologique, va traiter de domaines précis de la vie. L'Ascendant, ou Lagna, qui est la Maison 1, traitera de la santé, de l'impact de la personne. La Bhava 2 traitera des acquis matériels et financiers et aussi de la situation familiale du natif, et ainsi de suite.
Les spéculations les plus folles concernent la période d'écriture de ces écrits, que l'on prétend venant de la très grande antiquité, cependant le Hora Shastra et les écrits importants (dits classiques) couramment employés, (pour lesquels existent plusieurs commentaires et abrégés) furent mis sur papier vraisemblablement du moyen âge. Il se peut toutefois qu'ils soient issus d'une longue tradition orale, comme de coutume en Orient.
Plusieurs passages des classiques sont tellement semblables aux écrits de l'astrologie occidentalle rédigés en grecs, qu'on est tenté de penser que des rapprochement existaient entre le monde grec du moyen orient (s'exprimant en grec) et l'Inde. Cependant beaucoup de méthodes sont exclusives à l'Inde. Par exemple les thèmes divisionnels : le Navamsa ou thème divisionnel en 9 est un thème toujours employé avec le thème natal normal, naguère comme de nos jours. En Occident il n'existe que peu de traces de ces divisions, ou elles sont expliqués comme venant de l'Est.
Comme référence historique, le problème est que les auteurs qui ont écrits sur le sujet ne sont pratiquement jamais astrologues mais le plus souvent universitaires venant d'une tradition intellectuelle occidentalle. Vous pouvez cependant consulter les écrits et traductions de Neugebauer, Pingree, Bouché Leclerc entre autre, et récemment les travaux détaillés de Robert Schmidt au États Unis (Project Hindsight). Robert Schmidt, qui vient semble-il d'un milieu universitaire, a travaillé avec plusieurs astrologues étroitement avant de continuer ces traductions sophistiqués seul. Son Project Hindsight perdure en 2006/2007. Les écrits sont en anglais, sauf Bouché Leclerc qui a écrits sur l'astrologie grecque et était français. Les classiques du Jyotish sont maintenant traduits pour la plupart en anglais, rarement en français.
Pratique
La base de travail de l'astrologue comprend en Jyotish comme en Occident les signes, planètes, aspects, maisons, l'ascendant, les liens entre planètes et entre maisons. Cette base est très proche des méthodes de l'astrologie occidentalle. En disant les choses simplement, on peut dire que le travail de l'astrologue du Jyotish consiste à expliquer le déroulement des différents karmas en utilisant le language et les symboles, et on peut l'espérer, vérifié soigneusement par une longue pratique... Le karma est ici la cause advenant du "passé" de l'individu ayant créé les conséquences présentes. Chaque symbole, signe, planète, maison, est un karaka, soit un "significateur" d'un domaine de vie. Il renseigne sur les facilités ou difficultés "prévues" pour la personne dans chaque domaine de vie, par le plan de vie constitué par le thème astral.
Petit glossaire sanskrit d'astrologie hindoue
A
Antardasa
(ou Pratyantar)
Une sous-sous-division des périodes Dasas, durant de quelques jours à plusieurs semaines. Sous-division des Bhuktis. Les auteurs confondent parfois les bhuktis, avec les antardasas. Les Bhuktis sont toujours les sous-périodes, les pratyantars sont toujours le 3ème niveau. Les antardasas sont soit l'un soit l'autre...
Atma
L'âme. L'âme a deux significateurs chez les hindous : a) la planète ayant le degré le plus élevé dans les signes (de 0 a 30), nommée Atmakaraka. b) Le soleil est aussi en général significateur de l'âme.
Amatya
Le significateur de la position, de la carrière en astrologie Jaimini. C'est la deuxième planète en degré dans les signes après l'Atma karaka.
Ayanamsa
L'ayanamsha est une mesure angulaire. C'est la différence d'angle entre le début du zodiaque tropical des signes (qui donne un thème astral appellé Sayana aux Indes), et le zodiaque sidéral fondé sur les étoiles, qui forme le thème Nirayana (sidéral). L'ayanamsha est sujet à discussion puisque tous les astrologues ne s'entendent pas sur sa mesure. La mesure exacte astronomique, ou l'étoile servant à le mesurer, étant sujette à discussion. Les discussions sur ce sujet sont parfois houleuses... La plupart des astrologues hindous, qui ont l'expérience la plus longue en astrologie sidérale, utilisent l'ayanamsa de Lahiri, ou celui de Krishnamurti, qui est voisin. Ces deux mesures semblent les plus utiles du point de vue de l'emploi des périodes Vimshottari Dasas, ce qui est un bon indicateur étant donné la somme d'expérience qu'ils ont avec ce système sensible à cette mesure. Les plus célèbres défenseurs de la mesure de Lahiri sont V.K.Choudhry, et K.N. Rao, astrologues et enseignants hindous.
En Occident, la mesure de Fagan-Bradley est très populaire depuis les travaux de Cyril Fagan qui a relancé les études d'astrologie sidérale dans les années 50.
B
Bala
Signifie force. La force des planètes est soigneusement calculée selon divers procédés, comme les Shads balas et Vimshopaks.
Bhava
Maison astrologique.
Bhukti
(ou Antardasa, selon les auteurs)
La première sous-division des dasas. Ces sous-périodes durent de quelques semaines à plusieurs mois.
C
Chandra
La lune. Notez que la lune est une divinité... masculine en Inde.
Chara
Litt. 'mobile' comme les signe cardinaux . Aussi, le Chara Dasa est un système de périodes hindoues développés par Jaimini. En astrologie Jaimini, les signes Sthiras (fixes) aspectent les signes Charas (cardinaux), sauf pour le signe adjacent.
D
Dasas
(ou mahadasas)
Nom donné aux périodes majeures employés en Inde. Les dasas durent de 6 à 20 ans, selon la planète, dans le système Vimshottari.
Dara
Littéralement « épouse ». Le significateur de l'époux ou épouse en astrologie Jaimini. La planète ayant la position en degré la plus faible.
Dasamsa
Thème divisionnel (division 10) employé pour le travail, en relation avec la maison 10 et son maître du thème natal, et la maison 10 du Dasamsa, etc.
Divisions
Les hindous utilisent plusieurs thèmes "divisionnels" (tel le Navamsa), qui ajoutent des éléments vitaux pour nuancer les informations données par la carte natale, nommée Rasi. Les astrologues hindous opèrent aussi, comme en Occident, une rotation de la roue astrologique en changant d'ascendant selon le sujet étudié. La 4 pour la mère, donc la 1 est la 10 de la mère soit sa profession, etc.
Drekkana
Décan. Thème divisionnel en décan fait par la division en 3 de chaque signe. Le premier décan de 10 degré est le signe même, le second décan est le second signe du même élément dans l'ordre habituel, le 3ème signe de même élément donne le 3ème décan.
Dwadasamsa
Thème divisionnel (division 12) employé pour les parents, les rapports entre le né et ses parents, leur santé et situation dans la vie etc...
H
Hora
Division en 2 du thème natal, servant à illustrer le genre et l'accord des planètes, la fortune et les finances. Quelques ressemblances avec l'ancienne technique des Sections grecques, division diurne nocturne de la carte et des planètes. (Voir Sections)
K
Karaka
Littéralement « significateur », de différents domaines de vie concrète, comme le père, l'épouse, ou bien significateur abstrait comme celui de l'âme. Il y a des Karakas sthiras (fixes), (voir plus loin). Les Karakas variables Jaimini sont indiqués sur la page hindoue de WinVéga.
Kendra
Mot sanskrit tiré du grec Kentron, signifiant 'pivot', ou charnière, soit un angle, une des 4 maisons angulaires de la carte du ciel, la 1, 4, 7, 10.
L
Lahiri
Nom de l'ayanamsa le plus courant en Inde, venant d'une commission gouvernementale indienne, et sanctionné par le gouvernement. Aussi nommé Chitra Paksha ayanamsa.
Lagna
En sanskrit, l'ascendant. Le signe de l'ascendant. Litt. l'Horoscope en Occident.
N
Navamsa
Un thème divisionnel (division 9) très important, toujours utilisé en Inde avec la carte natale, pour informer sur les couches karmiques de la carte du ciel, l'aptitude au mariage, et la compatibilité en mariage. Il est un complément à la maison 7, à Vénus, et à l'ascendant navamsa et sa maison 7.
Nakshatra
Demeure lunaire de 13°20' degrés. Il y a 27 Nakshatras (voyez le tableau) répartis le long du zodiaque sidéral, qui forment en quelque sorte un zodiaque lunaire-stellaire. Ces demeures sont associés aux étoiles repères qui envoient leurs influences stellaires par l'intermédiaire des demeures lunaires, lesquelles sont admistrés par la lune, dont le role est de filtrer les influences stellaires. Un véritable panthéon de diverses divinités cosmiques jouent un role très actif dans chaque Nakshatra.
Le mot Star est souvent synonyme de Nakshatra.
P
Putra
Litt. enfant. Le significateur des enfants est le maître de la 5, Jupiter, la ou les planètes en 5 ou en 9, etc. En astrologie Jaimini la 5e planète dans l'ordre des degré en signe.
R
Rasi
Litt. "signe" comme signe du zodiaque. Cependant le Rasi est souvent employé dans le sens de "thème natal", par opposition aux thèmes divisionnels, comme le Navamsa, en astrologie hindoue.
S
Saptamsa
Thème divisionnel (division 7) employé pour les enfants du né, leurs situations dans la vie, l'accord /désaccord avec les enfants...
Shad Balas
Technique principale servant à calculer les forces des planètes. Il s'agit de "6 sources de force", donnant 6 pointages de force distincts. Cependant, comme dans les dignités essentielles en usage en occident, surtout au moyen âge, les auteurs modernes sont peu clairs sur la façon de comprendre et de trier la grande quantité d'informations donnée par les Shad balas. Il me semble plus consistant de ne pas tous mélanger, comme le suggère Robert Hand, et d'apprendre à distinguer entre ces forces.
Star
Autre nom pour une Nakshtra, une demeure lunaire.
Sthana
Les sthana balas sont une technique de calcul de force des planètes, l'une des 6 Shad balas et sans doute la plus importante.
Sthira
Litt. 'Fixe', comme les signe fixes. Aussi, les significateurs Sthiras (fixes, soit identiques pour toutes les cartes) : le Soleil ou Vénus pour le père, Lune ou Vénus pour la mère, Jupiter pour les enfants... En astrologie Jaimini, les signes Sthiras (fixes) aspectent les signes Charas (cardinaux), sauf pour le signe adjacent.
V
Vimshopak
Autre calcul de force très important en astrologie hindoue, avec les Shad balas; apparenté aux dignités essentielles puisqu'il est uniquement dépendant du zodiaque et de ces diverses divisions. Le total est fondé sur un maximum de 20 points par planètes.
Vimshottari dasa
Le système de période principal en Inde. Voyez le texte sur les périodes.
Y
Yoga
En astrologie, une combinaison de planètes associées par signes ou aspects.