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wicca
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Mon blog racontera l'histoire de mes expériences spirites, et de certaines pratiques.
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06.03.2007
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Néo-druidisme

Posté le 09.04.2007 par wicca
Le néo-druidisme est un mouvement d'inspiration maçonnique, né au XVIIIe siècle en Angleterre et relevant des premières manifestations de la mouvance néo-païenne.

Origines maçonniques
Le 21 juin 1717, quatre loges maçonniques se réunissent à Londres et fondent la grande loge de Londres. Le 21 septembre 1717, The Druid Universal Bond (fraternité universelle des druides) plus connu sous le nom de Druid Order (DO), est créé sous l'implusion de John Toland (1669-1722).
Le 21 novembre 1781, Henry Hurle fonde un second mouvement l'Ancient Order of Druids (AOD). Une scission de celui-ci en 1833, va donner naissance à The United Ancient Order Of Druids (UAOD), friendly society.
Le 21 juin 1792, Yolo Morganwg réunit à Londres (Primrose Hill) le premier Gorsedd Beirdd Ynis Prydain (Collège des Bardes de l'Île de Bretagne).
En 1899, une délégation bretonne, invitée dans le cadre de l'Eisteddfod de Cardiff, décide à son tour de fonder le Gorsedd de Bretagne.

Fondements
Si, au cours du Moyen Âge, des rites païens ont été notés ici ou là, le véritable fondateur du néo-druidisme est Iolo Morganwg. Il en a élaboré la doctrine et inventé les rites. À ses écrits parus en 1848 sous le titre Iolo Manuscripts, il faut ajouter ceux de William Ab Ithel, Barddas, parus en 1862. La théologie qui est développée appartient au contexte chrétien, sans rapport avec le druidisme antique, qui ne peut qu'exister que dans le cadre de la société celtique.

La plupart des spécialistes du domaine celtique récuse une quelconque filiation entre le mouvement néo-druidique et la civilisation celtique. Dans leur ouvrage La civilisation celtique, Christian-Joseph Guyonvarc'h et Françoise Le Roux écrivent : " Il n'existe pas, en tout cas, pas plus au Pays de Galles et en Bretagne armoricaine, ou, a fortiori en Gaule […] d'organisation ou de groupe, ouvert ou fermé, qui dispose d'une filiation traditionnelle remontant aux druides de l'Antiquité. "

Druide

Posté le 09.04.2007 par wicca
Le druide était un personnage omnipotent et omniscient de la société celtique, au point qu’il était à la fois ministre du culte, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Il est en premier lieu l’intermédiaire entre les dieux et les hommes. Il correspond donc à la première fonction de l'idéologie tripartite indo-européenne mise en lumière par Georges Dumézil.
Dans le récit Táin Bó Cúailnge (Razzia des vaches de Cooley), le druide Cathbad provoque la mort d'un émissaire qui a parlé sans permission, car « Nul ne parle avant le roi, mais le roi ne parle pas avant son druide ».
Il était chargé de la célébration des cérémonies sacrées et lui seul avait le droit de pratiquer les sacrifices. Ce qui fait du druidisme, non seulement la religion des peuples celtes, mais aussi le fondement de toute leur civilisation.


Un seul nom de druide historique nous est connu, c’est Diviciacos dont Jules César nous apprend qu’il a été vergobret du peuple des Eduens, mais c'est Cicéron dont il fut l'hôte, qui nous renseigne sur sa qualité. Les autres, dont il est question dans les textes, relèvent de la mythologie celtique.


Nota : Il est ici question des druides et du druidisme de l’Antiquité et non du mouvement néo-druidique contemporain.

Sources et étymologie

Comme pour tout ce qui concerne la civilisation celtique, nous ne disposons d’aucun texte d’origine interne. Les druides eux-mêmes sont à l’origine de cette lacune : considérant que la parole écrite est morte, ils ont privilégié l’oralité et la mémoire pour la transmission du Savoir. Néanmoins, les Celtes connaissaient l’écriture et l’ont utilisée de façon marginale. De plus, ils ont inventé les ogam ou écriture oghamique dont 300 inscriptions à vocation funéraire nous sont parvenues gravées dans la pierre.


Deux types de sources nous permettent d’appréhender le sujet : les témoignages antiques et la consignation par des clercs, de traditions orales au Moyen Âge en Irlande. Pour la première catégorie, il faut citer notamment Diodore de Sicile (Histoires), Strabon (Géographie), Pomponius Mela (De Chorographia), Lucain (La Pharsale), Pline l’Ancien (Histoire naturelle), et surtout César qui, avec ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, nous apporte de nombreuses et importantes informations sur la société gauloise ainsi que sur la religion et ceux qui en ont la conduite. Une deuxième source vient corroborer la première et l’enrichir d’une origine différente, il s’agit d’un ensemble de textes irlandais, pour l’essentiel, écrits du VIIIe siècle au XVe siècle. Ils retranscrivent les mythes et épopées de l’Irlande celtique qui se sont transmis oralement de génération en génération. Les collecteurs transcripteurs les ont affublés d’un vernis chrétien, sous lequel l’étude découvre l’original. De cette littérature, on peut citer : le Cath Maighe Tuireadh (Bataille de Mag Tured), le Tochmarc Etaine (Courtise d’Etain), le Táin Bó Cúailnge (Razzia des Vaches de Cooley), le Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes) et les Mabinogion gallois.


On a longtemps pensé (depuis Pline) que le mot druide était associé au chêne, à cause des rites associés à cet arbre. Les linguistes et philologues ont maintenant établi que ce terme spécifiquement celtique, présent tant dans le texte de Jules César que ceux du Moyen Âge, provenait de « dru-wid-es » qui signifie « très savants ».


La classe sacerdotale

Structure de la société celtique
César, relatant ses opérations militaires, avait noté que les Gaulois (la plèbe) étaient dirigés par deux classes d’hommes, les druides et les chevaliers (equites). On retrouve cette hiérarchie dans la structure de la société divine des Tuatha Dé Danann, les dieux de l’Irlande, qui reproduit le schéma de l’idéologie tripartite des Indo-européens, telle qu’elle a été exposée par Georges Dumézil.

La classe sacerdotale qui possède le Savoir et fait la Loi ; elle administre le sacré et le religieux
La classe guerrière qui gère les affaires militaires sous le commandement du roi
La classe des producteurs (artisans, agriculteurs, éleveurs, etc.) qui doit subvenir aux besoins de l’ensemble de la société et en priorité ceux des deux autres classes

Hiérarchie et structure de la classe sacerdotale
La classe sacerdotale est elle-même hiérarchisée, et ses membres possèdent des « spécialités ».

le mot druide est un terme générique qui s’applique à tous les membres de la classe sacerdotale, dont les domaines d’attribution sont la religion, le sacrifice, la justice, l’enseignement, la poésie, la divination, etc. Mais il définit aussi ceux que l'on appelle les druides « théologiens ».
le barde est spécialisé dans la poésie orale et chantée, son rôle est de faire la louange, la satire ou le blâme.
le vate est un devin, il s’occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la médecine. Les femmes participent à cette fonction de prophétie (telles les Gallisenae de l’île de Sein).

Dans la tradition irlandaise le file (pl. filid) est un devin, il a remplacé le barde dont il possédait aussi les attributions. En fonction de leurs spécialité, les filid sont sencha (historien, professeur), brithem (juge et juriste), scelaige (conteur), cainte (satiriste), liaig (médecin), dorsaide (portier), cruitire (harpiste), deogbaire (échanson). Le devin est le faith, la prophétesse est banfaith ou banfile. Ollamh est le titre le plus élevé (le sens du mot est docteur, savant) devant l’anruth (brillant), l'oblaire étant l'étudiant (voir Hiérarchie des filid dans l'article Barde).


Le rôle du druide dans la société
En tant que ministre de la religion, le druide procède à tous les rites cultuels, et en particulier aux sacrifices. Si les sacrifices humains de prisonniers de guerre sont attestés, il semble cependant qu’ils étaient réservés à des circonstances exceptionnelles, les sacrifices animaux (chevaux, taureaux) ou symboliques étaient plus courants.
L’enseignement, c’est-à-dire la transmission orale du savoir, fait aussi partie de ses responsabilités. C’est encore César qui nous apprend « qu’un grand nombre de jeunes gens viennent s’instruire chez eux » et que les études peuvent durer 20 ans ; on cite le chiffre de 150 élèves pour le druide mythique Cathbad, dans la tradition irlandaise.
Dans le contexte celtique, le domaine juridique fait partie de la théologie et relève donc de la religion. C’est donc tout naturellement que les druides sont à la fois juristes et juges. Le non-respect d’un contrat est sanctionné par des peines qui sont codifiées selon la nature de la faute et le rang des parties dans la hiérarchie sociales. Si c’est le roi qui prononce la sanction, c’est le druide qui conseille.
Compte tenu de la primauté de son statut, du prestige attaché à sa fonction, et aussi de sa qualité de juriste, il a aussi la charge des relations diplomatiques pour prévenir la guerre ou régler les compensations après l’agression. Notons au passage qu’un druide peut participer à la guerre, il n’y a pas d’interdit ni d’obligation, le druide-guerrier est un personnage assez courant. Ainsi, à titre d’exemple, le druide Cathbad, dont le nom signifie « Tueur au combat ».
En tant que Savant et garant du savoir, il est logique que les domaines de l’histoire, de la généalogie, de la toponymie soient de son ressort, étant entendu que ce que nous appelons mythologie avait une réalité à cette époque. Pour des raisons de légitimité et de souveraineté, ces disciplines se devaient d’être les plus précises possible.
Les Tuatha Dé Danann (Gens de la déesse Dana – les dieux de l’Irlande) ont un dieu-médecin, Diancecht qui est un expert dans la magie et la médecine, il soigne et rétablit les blessés, il ressuscite les morts en les immergeant dans la Fontaine de Santé, il fabrique une prothèse au roi Nuada qui a eu le bras arraché. Les épopées sont pleines de ces guérisons, où les plantes, les incantations et les breuvages magiques sont utilisées.
Leur grande connaissance de l'astronomie leur aura permis de conceptualiser le temps, dont nous avons une idée grâce au calendrier de Coligny, qui date de l’époque gallo-romaine.



Le roi ne prend pas la parole avant le druide, mais ils forment une sorte de binôme indispensable et antagoniste. Si le roi exerce la souveraineté, il le fait sous l’inspiration du druide qui lui doit le conseil, il y a dépendance du pouvoir politique au spirituel.


Les pratiques
Certains textes irlandais font état de l’intervention des druides au moment de la naissance, pour donner un nom à l’enfant et pratiquer une lustration, que l’on assimile à une forme de baptême.
L’attention portée aux présages est générale, car ils sont l’expression des volontés divines et donc les présages et la divination ne peuvent relever que du religieux dans la mesure où le druide est l’intermédiaire et sa parole sacrée. C’est donc un domaine illimité dés l’instant qu’il est question de l’avenir.
Le mot irlandais geis (pluriel geasa) désigne un interdit qui peut être négatif, sens d’interdiction, ou positif, sens d’obligation ; la geis a force de loi. Elle s’adresse principalement au roi et aux membres de la classe guerrière et recouvre l’ensemble des activités de la vie quotidienne.
La magie, dont la médecine est un prolongement, fait appel à des techniques rituelles. Les plantes médicinales en sont un élément important, il faut aussi noter l’élixir d’oubli qui affecte la mémoire, la musique, la Fontaine de Santé qui guérit les blessés dans les batailles et ressuscite les morts, la pomme, symbole celtique par excellence de l’immortalité et du savoir, la cueillette du gui accompagné du sacrifie de taureaux, et bien d’autres.
Les éléments aussi participent à cette religion : l’eau par son pouvoir de lustration, le feu qui sert aux sacrifices ou à la purification des troupeaux, le vent qui a le pouvoir d’égarer ou d’anéantir, le brouillard qui permet de se déplacer de manière invisible.
Les incantations sont aussi une pratique très usitée. La littérature irlandaise parle notamment du glam dicinn qui est une malédiction suprême qui entraîne la mort, de l’imbas forosnai qui a le sens d’illumination, et du dichetal do chennaib cnâime, dont la signification est incertaine : ce « chanté de la prophétie »[1] serait une improvisation. La louange est de la responsabilité du barde, c'est une forme de poésie qui consiste à mettre en valeur les qualités d’un personnage. Le blâme est de même nature avec l’objectif contraire, à ne pas confondre avec la satire qui est une incantation religieuse et légale qui entraîne généralement la mort. La geis est une incantation constituée d'obligations et d'interdits que les membres de la classe des guerriers doivent respecter, sous peine de mort.


Les fêtes
L’année celtique comporte quatre grandes fêtes au caractère obligatoire, l’absence étant punie de mort.

Samain dont le sens est « réunion » a lieu le 1er novembre. Plus que le nouvel an, c’est le passage d’une année à l’autre, sa célébration dure une semaine qui est hors du temps, ce qui favorise les contacts avec l'Autre Monde. Elle se caractérise par des festins et des beuveries rituelles.
Imbolc qui signifie « lustration » est le 1er février. C’est la purification qui marque la fin de la période hivernale.
Beltaine les « feux de Bel » au 1er mai est une fête sacerdotale en rapport avec Belenos et de sa parèdre Belisama, qui marque le passage de la saison sombre à la saison claire avec le changement d’activités que cela implique. Les druides allument de grands feux pour protéger le bétail, essence même de la richesse.
Lugnasad est l' « assemblée de Lug» le 1er août. Cette fête est consacrée au roi dans son rôle de redistributeur des richesses et de protecteur. C’est l’occasion de conclure des contrats de toutes sortes (commerciaux, matrimoniaux, juridiques) et de se mesurer dans des compétitions (joutes littéraires, sports).

Le druidisme
Selon le Lebor Gabala (Livre des Conquêtes) le druidisme a été inventé par les Partholoniens, arrivés en Irlande 312 ans après le déluge et qui vont l’occuper pendant 5000 ans. César aussi pense qu’il est originaire de l’île de Bretagne, puis s’est répandu en Gaule ; d’ailleurs il affirme que nombre d’étudiants vont se perfectionner là-bas.
Tout ce que l’on peut dire à ce propos ne peut être qu’une émanation de ce que nous savons de ses ministres. Plus qu’une religion, au sens où nous le comprenons aujourd’hui, le druidisme est le fondement même de la civilisation celtique, et le règlement de l’ensemble de la société. Toute la vie des Celtes est sous le contrôle des druides.



Les Celtes étaient convaincus de l’immortalité de l’âme, c’est la raison pour laquelle les guerriers n’éprouvaient aucune peur de la mort lors des batailles. Des confusions dans la lecture des textes ont suggéré la notion de réincarnation, mais celle-ci est inexistante.
Le Sidh est le nom gaélique qui désigne l'Autre Monde celtique, il se situe à l’ouest, au-delà de l’horizon de la mer, dans des îles magnifiques ; sous la mer, dans les lacs et les rivières où se situent de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses ; sous les collines et les tertres. C’est le séjour des dieux.



Le culte se pratiquait dans des aires sacrées appelées Nemeton en langue gauloise (et nemed en gaélique) dont on trouve la trace, par exemple, dans le toponyme de la forêt de Nevet près de Locronan (Finistère), dont la Troménie, procession chrétienne, perpétue le souvenir d’une cérémonie druidique. Il est fort probable que des monuments mégalithiques, tels Carnac ou Stonehenge, aient été récupérés par les druides. Si à l’origine le Nemeton fut probablement un endroit ouvert, il a considérablement évolué pour devenir un enclos, de forme généralement quadrangulaire, comprenant des édifices en bois et un puits à offrandes.



Les filid irlandais ont élaboré un système de notation, les ogam (système parfois appelé écriture oghamique), qui n’a jamais servi à la rédaction de textes, mais à des inscriptions funéraires (dont 300 nous sont parvenues) ou incantatoires gravées dans la pierre ou le bois. Attribué par la tradition à Ogme, le dieu de la magie et de l’éloquence, cet alphabet composé d’encoches et dérivé de l’alphabet latin en association avec des noms d’arbres, resta cantonné à l’Irlande, l’Écosse et le Pays de Galles.


La thèse d’une origine chamanique préhistorique fut avancée, mais elle ne résista pas à l’analyse, et fut rapidement abandonnée. Par ailleurs, si le sanglier est l’animal emblématique de la classe sacerdotale, la notion de totémisme est totalement à exclure, ne correspondant pas dans sa définition aux conceptions celtiques.

Superstition

Posté le 05.04.2007 par wicca
La superstition est la croyance qu'un événement aléatoire ou un objet quelconque d'origine naturelle ou artificielle a une signification anthropocentrique et est capable d'influencer l'avenir. Autrement dit, il s'agit de perceptions d'intentions dans les choses (voir pensée magique). Lorsque nous croyons que ces intentions ne nous concernent pas personnellement, nous disons alors que l'événement se produit par hasard, laissant ainsi sous-entendre que chaque événement a sa raison d'être. Or dans cette perspective, l'opposition entre la superstition et la science apparaît comme ceci : pour la science, les choses sont déterminées et l'enchaînement de causes à effets des événements est complètement dépourvue d'intention.

La superstition en tant que psychopathologie

Lorsqu'un individu tombe dans un état de superstition excédant démesurément la superstition commune dans sa culture, il s'agit d'une pathologie mentale. Celle-ci fait perdre toute objectivité, prêtant à des faits, des évènements ou des objets visiblement inoffensifs et non-signifiants (pour le commun) des pouvoirs surnaturels, une force cachée ou au minimum un contenu symbolique signifiant. De ce point de vue, la superstition est à rapprocher de la paranoïa et même de la psychose.

Par ailleurs, le superstitieux pathologique considère l'existence d'un ordre supérieur, invisible, qu'il est rarement capable de décrire, mais qui est là, présent, et impose ses lois. À la différence de la superstition populaire, qui est souvent anodine, la superstition pathologique est fortement individualisée. Le superstitieux se sent en défi perpétuel avec le monde qui l'entoure et il passe son temps à « vérifier » que les augures lui sont favorables. Ainsi, par exemple, va-t-il compter les carreaux d'un parquet, pariant avec lui-même qu'il doit y en avoir un nombre pair (ou impair), se créant ainsi des frayeurs, des angoisses, si le résultat obtenu ne correspond pas à son souhait. De tels comportements entrent dans la catégorie des troubles obsessionnels compulsifs. Les autistes et les maniaco-dépressifs sont particulièrement enclins à de nombreuses superstitions souvent imbriquées les unes dans les autres.

La superstition en tant que cause et / ou conséquence de la religiosité et de la religion

La religion est fréquemment qualifiée de superstition par les athées. L'un des philosophes les plus percutants à l'avoir fait est le baron d'Holbach, notamment dans son ouvrage "La Contagion sacrée, ou Histoire naturelle de la superstition". Le point commun est en effet la croyance en une certaine réactivité des occupants d'un supposé au-delà face à certains comportements humains. Néanmoins, les religions sont structurées sur une idéologie, ce qui n'est pas le cas pour les superstitions populaires. Il convient néanmoins de souligner que la magie, non plus que la croyance dans les « pouvoirs magiques », entretient des liens étroits avec les religions et se fonde sur une idéologie clairement documentée qui puise généralement sa logique dans les doctrines religieuses (en particulier la croyance dans les anges et les démons, les pouvoirs qu'on leur confère, la manière de les "commander").

Il existe un grand nombre d'objets de protection qui sont la matérialisation de toutes les superstitions de l'humanité. On pense volontiers aux grigris et aux fétiches africains, censés protéger contre les envoûtements, donner la chance, mais il ne faut pas oublier le trèfle à quatre feuilles de nos contrées, la magie des talismans, des amulettes, les rituels autour de la mort, etc.

Superstitions primitives

La pensée primitive fonde la superstition sur la coïncidence fortuite : quand deux évènements se produisent en même temps, la pensée primitive croit que l'un des évènements est la cause de l'autre. Il en va ainsi de superstitions qui nous paraissent insensées mais que l'on peut observer encore aujourd'hui chez des peuplades dites primitives, notamment en Afrique, en Amazonie et en Australie, et aussi dans le monde paysan, sous nos latitudes.

Pour que la blessure ne s'aggrave pas lorsque l'on se blesse avec un couteau, il faut laver immédiatement le couteau avec de l'eau claire (Afrique).
Pour que la blessure ne s'aggrave pas lorsque l'on se blesse avec un clou, il faut aller planter celui-ci dans le tronc d'un chêne (Europe).
L'enfant qui naît après les jumeaux ne doit pas se baigner dans la mer car une sirène peut l'emporter (peuples côtiers du sud-Congo).
Une fille ne doit jamais voir son père nu car elle ne pourrait plus avoir d'enfants (Afrique noire).

Superstitions chrétiennes

Le signe de croix : se signer pour conjurer le mauvais sort, lorsqu'on passe devant un cimetière, une église, un cortège funèbre, etc.
La croix chrétienne est largement utilisée comme objet de protection, fétiche, outil de répulsion contre les démons.
L'eau bénite utilisée à des fin de « guérison », conjuration, désenvoûtement, etc.
« L'ange gardien » que chacun aurait et qui veillerait sur lui. Il s'agit en fait d'une superstition très ancienne, antérieure au christianisme, que l'on rencontre dans l'antique Égypte : les fées marraines nommées Hathors.
La bible en tant qu'objet de protection : elle protègerait du diable. La bibliomancie est un art divinatoire utilisant la bible pour faire de la voyance, prédire l'avenir, deviner les pensées d'autrui, favoriser les rêves prémonitoires.

Superstitions juives

La peur des mots sacrés "mal écrits". Si une demeure a connu un malheur, de quelque nature que ce soit (incendie, cambriolage, épidémie, meurtre), une cause possible serait que la prière enfermée dans la mezouzah serait mal écrite ou altérée. Une vieille superstition consiste donc à vérifier régulièrement que le texte enfermé dans la mezouzah est intact.
L'œil du diable (en hébreu ayin hara) est une croyance juive ancienne selon laquelle certaines personnes possèderaient dans le regard le pouvoir de nuire, de faire le mal, voire de tuer. Pour se protéger de l'œil du diable, on porte un bracelet de fils rouges au poignet gauche. Pour éloigner le mauvais œil on dit qu'il faut cracher trois fois.
Le pouvoir du nom. Héritage des superstitions de l'antique Égypte (le pouvoir du ren), le juif ashkénaze en particulier croit dans le pouvoir du nom que l'on porte et ne donne jamais à un nouveau né un prénom déjà porté par un membre vivant de la famille, de peur que "l'ange de la mort" se trompe en venant prendre l'un des leurs, confondant le plus jeune avec le plus vieux.
Éternuer tout en racontant une histoire signifierait que cette histoire est la vérité.

Superstitions dans certaines contrées musulmanes

Visite des marabouts.
Les chiens empêchent les anges d'entrer dans les maisons.
Des Djinns vivent dans les toilettes. Il faut les éviter et ne pas leur faire du mal (en versant de l'eau brulante dans les égouts par exemple).
Les deux anges, à gauche et à droite de tout homme, s'arrêtent devant la porte quand l'on va aux toilettes. Il ne faut pas parler depuis cette pièce, de peur qu'ils ne soient obligés d'entrer
Satan urinerait dans les fosses nasales la nuit c'est pourquoi il faut se laver le nez et la bouche pour purifier.
Il ne faut pas siffler dans une maison, cela attire les démons.
Quand un serpent mord quelqu'un, le retrouver et le tuer guérit les blessures.

Superstitions des religions orientales

Jaïnisme : Le moine jaïn balaie d'un plumeau le sol qu'il doit fouler afin d'écarter tous les insectes et éviter ainsi de les tuer, et il porte un voile devant la bouche afin d'éviter d'avaler accidentellement un insecte.
Shintoïsme : les femmes menstruées n'ont pas le droit d'entrer dans un temple shinto.

Superstitions diverses

Le nombre treize (13). Il est dit qu'il porte malheur en référence au nombre de convives de la Cène et aux conséquences néfastes de ce repas. Raison pour laquelle on ne trouve pas de 13e rangée dans les avions ni de 13e étage dans les hôtels et encore moins de chambre numéro 13. En Italie, c'est plutôt le nombre 17 (qui s'écrit en chiffres romains XVII, ce qui est l'anagramme de VIXI, signifiant « j'ai vécu » — partant, « je suis mort » — en latin), le 13 étant plutôt associé à la chance. En Asie de l'Est (Japon, Corée), c'est le nombre 4, homophone en chinois du mot mort, qui est généralement omis (numéro de chambre, étage).
La couleur verte, couleur des Fées, qui seraient furieuses de voir les hommes la porter, et spécialement le vendredi, jour de la mort du Christ sur la Croix et de la Rédemption, dont elles sont exclues.
Une salière renversée.
Répandre du sel pour chasser les mauvais esprits.
Briser un miroir (7 ans de malheur).
Croiser un chat noir. (Napoléon aurait vu un chat noir avant une défaite contre les Britanniques. Il porte bonheur au Royaume-Uni.)
Parapluie ouvert dans une pièce (à l'intérieur donc).
Passer sous une échelle.
Présenter le pain à l'envers sur une table (attire le diable dans l'imaginaire breton. Viendrait du fait que le boulanger gardait le pain du bourreau à l'envers au Moyen Âge). Par ailleurs, une coutume populaire, encore très répandue dans l'Ouest de la France, et particulièrement en Bretagne, veut que l'on fasse de la pointe du couteau un signe de croix sur l'envers du pain (de très nombreux Bretons, même non-croyants, le font systématiquement).

Portes-bonheur connus

Patte de lapin
Échelle à 13 barreaux
Trèfle à 4 feuilles
Fer à cheval

Portes-malheur connus

Voir un chat noir
Casser un miroir
Passer sous une échelle (Cela peut aussi être considéré comme quelque chose de dangeureux plutôt que de superstitieux ...)
ouvrir un parapluie à l'intérieur d'une salle
Etre 13 à table
Renverser une salière
Mettre le pain à l'envers
Perdre ou briser son alliance
Poser un chapeau sur son lit
Allumer trois bougies avec la même allumette

Superstitions des corps de métier

Couture

Se piquer un doigt avec l'aiguille (chaque doigt à une signification, et chaque main aussi)
Faire tomber des ciseaux signifie prévoir une coupure

Aviation
Avant de prendre leur poste de pilotage les pilotes d'avion ne prononcent jamais des mots comme "accident", "chute", "crash", "tomber" et s'interdisent toute plaisanterie sur ces sujets.

Marine

Lapin est un des nombreux mots "interdits" sur un bateau. La légende raconte que ces rongeurs sont à l'origine de naufrages car une fois échappés de leurs cages, ils grignotent l'étoupe, rendant la coque non étanche. Le nom de cet animal a été banni du vocabulaire marin ceux-ci préfèreront dire "pollop", "l'animal aux longues oreilles" ou "le cousin du lièvre".
Les fleurs coupées étant utilisées pour l'élaboration des couronnes funéraires et jetées à la mer lors du décès d'un marin , il est souvent déconseillé d'en amener sur un bateau au risque de "provoquer" la disparition du marin lors de son prochain voyage.
Les femmes. On prétend que les femmes portent malheur sur un navire. Par conséquent, les femmes étaient interdites à bord dans le temps.
Le Hollandais volant : si un bateau croise ce mythique vaisseau fantôme, alors il coulera.

Théâtre

La couleur verte est réputée maléfique en France, mais c'est le violet en Italie, le vert et le bleu au Royaume-Uni et le jaune en Espagne. Plusieurs hypothèses ont été émises au sujet du vert : le costume de Judas, celui de Molière lors de son décès ou la couleur de l'oxyde de cuivre, colorant toxique utilisé jadis.
Certains mots sont proscrits :
« corde » en France, car on l'associe à celle qui sert à tirer la cloche pour saluer les morts ;
« Macbeth » au Royaume-Uni, dénommée la pièce écossaise.
Les oeillets. Qu'un comédien reçoive ou voit des oeillets avant ou après sa venue sur scène porte malheur à sa carrière.

Pensée magique

Posté le 05.04.2007 par wicca
On nomme pensée desirée la formation de croyances et la prise de décisions selon ce qui est plaisant d'imaginer au lieu de faire appel à des preuves ou à la rationalité.

La publicité comme la politique font beaucoup appel à la pensée magique afin de motiver le consommateur ou le militant.

« Nous ne consommons plus des oranges, mais de la vitalité ! » Aldous Huxley dans Retour au meilleur des mondes .

La pensée magique est un reliquat de ce que Lévy-Bruhl décrit sous le terme de mentalité primitive, au sens ethnologique. Pensée magique et mentalité primitive subsistent sous une forme que l'on pourrait dire latente dans le subconscient de chacun (et s'expriment d'ailleurs chez les enfants dans des sortes de jeux de supersitition, mi-ludiques, mi-sérieux). La pensée magique réapparait souvent lorsqu'on est confronté dans la vie courante à un problème totalement nouveau, une situation que la raison ne parvient pas immédiatement à expliquer et à comprendre.

Un exemple typique est celui d'un simulateur de vol bloqué en mode de démonstration et dont les commandes sont confiées à un sujet d'expérimentation. Celui-ci va avoir tendance à créer un modèle mental de plus en plus complexe justifiant les réponses de l'avion (inertie, vents latéraux, courants ascendants ou descendants, défaut de conception de l'avion) sans imaginer à aucun moment que le comportement de l'avion n'a aucun rapport avec les commandes qu'il fournit.

La psychologie suggère que la pensée magique constitue une tentative d'échapper à l'angoisse de l'inconnu ("mieux vaut être dans l'erreur que dans l'incertitude") et au conflit intérieur. Une vaste liste d'excuses garnit le catalogue des idées reçues relevant de la pensée magique. Parmi elles, la croyance dans l'astrologie (censée expliquer et justifier des comportements : « C'est moins ma faute que celle de Saturne conjuguée à Pluton dans le Sagittaire ») et la croyance dans les envoûtements (« je suis envoûté, donc non responsable de mes actes »).

Abracadabra

Posté le 05.04.2007 par wicca
Abracadabra est une formule magique populaire signifiant en araméen « il a créé comme il a parlé » (abra-ka-dabra).

Autre étymologie défendue, notamment par le Robert historique : cette formule magique, attestée en latin tardif (début IIIe) est empruntée au grec où elle semble provenir de Abraxas, nom d'un dieu intermédiaire dans le système gnostique de Basilide (mort en 130). Ces mots grecs ont été expliqués par E. Katz comme des lectures en boustrophédon (écriture continue de gauche à droite puis de droite à gauche) d'une formule hébraïque "arba" (quatre), dâk (du verbe casser) "arba", c'est à dire "Le quatre" (cryptogramme pour le Tout-Puissant) anéantit les quatre (éléments).

On retrouve la trace de cette formule dans les contes rapportant la fabrication d'un Golem.

En façonnant une forme de vie à partir d'argile, l'homme se place dans la position de Dieu au moment de la création de l'univers mais dépourvu du souffle divin, il doit se contenter d'utiliser la puissance de la langue de la création.

Le rabbin trace les lettres du mot Vérité (Aleph-Mem-Tav) sur le front de la créature et prononce la formule magique. Cependant, cela ne suffit jamais et la créature finit par se retourner contre ceux qui l'ont créée. L'effacement de la lettre Aleph donne Mort (Mem-Tav) et met fin à l'enchantement

Enfin, selon la tradition biblique, il faudrait en fait utiliser la formule abra-ka-amra. « il a créé comme il a dit »

Cette expression est passée dans le langage courant, popularisée par les films et dessins animés mettant en scène des sorcières.

À partir d'une première adjectivation en abracadabrant , Arthur Rimbaud a créé l'adjectif abracadabrantesque, dans Le Cœur volé (1871). Ce néologisme fut utilisé d'une façon remarquée par Jacques Chirac dans une interview télévisée le 21 septembre 2000, en réponse aux accusations posthumes de Jean-Claude Méry sur les financements occultes du RPR. Selon la presse, le mot lui avait été soufflé par Dominique de Villepin.


Abracadabra est un mot mystique utilisé afin d'invoquer par la magie des esprits bénéfiques pour être protégé des maladies. Cette expression est aussi utilisée par les magiciens modernes lorsqu'ils prétendent invoquer des puissances paranormales ou supernaturelles pour contribuer à leurs illusions. Cette formule magique est peut-être liée au mot « abraxas », que l'on a trouvé sur de nombreuses amulettes au cours des dernières années de l'empire romain, et l'on pense pouvoir tracer son origine aux gnostiques ou aux égyptiens. En tous cas, abracadabra est tout aussi efficace que abraxas ou hocus pocus.


Selon la tradition l'expression "Abracadabra" proviendrait de la déformation de l'invocation Musulmane "Dieu est Grand!" par les occidentaux. En effet les premiers magiciens remarqués provenaient d'Arabie, ils étaient aussi savant en médecine et en physique, bien avant les européens....

Chamanisme

Posté le 01.04.2007 par wicca
Le Chamanisme ou shamanisme est un système de médiation entre les êtres humains et les esprits de la surnature. Cette médiation a une fonction économique au sein de la communauté : gérer l'aléatoire. C'est le chaman qui incarne cette fonction, dans le cadre d'une interdépendance étroite avec la communauté qui le reconnaît comme tel.
Le chamanisme au sens strict prend sa source dans les sociétés traditionnelles sibériennes. Cependant , on observe des pratiques analogues chez de nombreux peuples, à commencer par les Mongols, qui seraient tous originaires de Sibérie , mais aussi chez les Indiens d'Amérique du Nord , chez les Amérindiens d'Amérique latine[1] , chez les Africains , en Australie...

Étymologie

Sam est une racine altaïque signifiant s'agiter en remuant les membres postérieurs. Saman vient du toungouse qui signifie danser , bondir , remuer , s'agiter.
Ojun désigne le chamane chez les Yakoutes ; il signifie sauter , bondir , jouer.
L'équivalent turc est kam d'où dérive en russe kamljat, chamaniser, et kamlanie, séance chamanique.
Chez les Bouriates, boo murgel signifie encornement (ou affrontement) de chamane.
L'idée générale est celui d'imitation des espèces animales, notamment celles qui sont prisées à la chasse : les cervidés et les gallinacés[2].

Ce même terme viendrait du sanskrit Shramana (être éclairé). ![réf. nécessaire]


Ethnologie et chamanisme
La catégorie "chamanisme" pose problème aux anthropologues. Que peut-on appeler chamanisme, quand on utilise ce terme tant pour parler des pratiques des Toungouses que de celles des urbains européens ? Pour répondre à cette question, il faut revoir l'histoire du mot et ce qu'elle implique.

Le terme « chamane » est introduit au XVIIIe siècle et emprunté au toungouse (Sibérie) par l’archiprêtre Avvakum. Roberte Hamayon (La chasse à l'âme, 1990) caractérise le chamanisme de Sibérie ainsi : il s’agit d’une « procédure de médiation, rudimentaire et bonne à tout faire supposant une conception spécifique de l'homme, du monde et de la société » ainsi que de leurs relations. La notion d'échange est au cœur de la pensée chamaniste : surtout il existe un lien fondamental entre la chasse, l’alliance et le chamanisme ; ainsi, elle propose que le chamanisme en soi s'enracine dans la vie de chasse, en raison d'un rapport de nécessité fondé sur ce qui semble caractériser le chamanisme au niveau le plus général : la gestion de l’aléatoire. Celle-ci se réalise par un échange avec les esprits, lors de la transe.

Le chamanisme est donc une conduite, une efficacité, une technique, à restituer dans le tout de la société. Il remplit une fonction d'adaptation à des situations démunies et difficiles, par sa souplesse, son pragmatisme (contrairement aux religions instituées), et par sa disponibilité.

Les traits essentiels du chamanisme , dans les sociétés de chasse , sont : l’alliance avec les esprits de la surnature, le voyage de l'âme, la gestion de l’aléatoire par le rapport entre chamane et esprits, mais aussi la fluidité, car le chamanisme n’est pas quelque chose de figé puisqu’il intègre.

L’institution chamanique dépasse largement la région sibérienne. Tous les continents sont touchés et on assiste aussi à des mouvements du New-age en Amérique du Nord, en Europe et en France, avec l’émergence d’un néo-chamanisme.

Si on prend le terme chamanisme stricto sensu dans le sens toungouse, alors son champ est fortement limité et ne s’étend plus qu’à cette société. Il faudrait en fait répertorier les traits du chamanisme toungouse, et on s’autoriserait alors à appliquer ce terme à toutes les institutions partageant exactement tous ces traits énumérés. Probablement cela couvrirait alors l’ensemble sinon une partie de la Sibérie, mais certainement pas tous les groupes pour lesquels on parle de chamanisme. Toutefois, si l’on en prend les traits principaux, on peut alors utiliser le terme de chamanisme, celle-ci devenant une catégorie, et le chamanisme toungouse un modèle. Car ce que l’on peut comparer ce sont les modèles tirés de ces sociétés, et non les sociétés elles-mêmes, ni leurs rituels.

Cela étant établi, pour placer des éléments, pratiques, institutions, sous la catégorie « chamanisme » il faut donc de la rigueur. Ainsi, lors du Congrès international sur le chamanisme de 1997, on a pu assister à des communications soulevant le problème du « développement des pratiques dites alors chamaniques, auprès d’Européens en mal d’exotisme » ; et à ce sujet deux avis s’opposaient, l’un déniant le caractère « chamanique » (D. Vazeilles), l’autre ne voyant pas de raison illégitime qui interdirait cette dénomination, puisque selon C. Kappler, l’Europe avait jusqu’au Moyen Âge des pratiques également « chamaniques », citant Jeanne Favret-Saada (Les mots, la mort, les sorts), donc associant la sorcellerie au chamanisme.

Le débat, loin d’être fini, pose toujours problème. Dans l’application du terme « chamanisme » à d’autres sociétés, il convient de justifier ce choix par une description précise des faits et pratiques qui forme le modèle que l’on veut comparer au modèle toungouse. Pour utiliser le « chamanisme » comme élément de comparaison, il faut en effet pouvoir comparer des modèles entre eux.

Le chamanisme est-il une religion ?
La nature du chamanisme n'a pas fini de faire couler beaucoup d'encre ! Les scientifiques, ethnologues et érudits divers ne se sont guère intéressés à l'idéologie du chamanisme, certains refusant même de discuter de son éventuelle nature religieuse.
Le chamanisme est appréhendé comme tel dès le XVIIè et XVIIIè siècle par les premiers observateurs en Sibérie. C'est le contact avec les esprits qui est considéré, à la fin du XIXè siècle, comme le phénomène religieux de base. Au XXè siècle, Mircea Eliade, influencé par le mysticisme du christianisme russe orthodoxe, rattache le complexe chamaniste (croyances, rites et mythes) à la religion. C'est surtout l'expérience extatique qui est définie comme l'expérience religieuse de base. Mais cette dernière notion est actuellement très controversée, certain la considérant comme une imposture scientifique[3], d'autres lui préférant le terme de transe, la seule à impliquer un élément musical.
Ake Hultkrantz présente le chamanisme comme un complexe culturel religio-magique et conclut : puisque le monde surnaturel est le monde de la religion, le chamanisme joue donc un rôle religieux et il n'est pas interdit de supposer que toutes les expériences extatiques à l'origine de renouveaux religieux remontent aux chamans des temps anciens [4].
Wilhelm Schmidt considère le chamanisme comme de la magie, voire comme une dégérescence religieuse. D'autres comme de la sorcellerie (Roland Dixon), ou encore le chaman comme un imposteur. Inversement certains auteurs présentent la religion des peuples du nord de la sibérie comme chamanique !
L'observation, par les médecins et administrateurs coloniaux, de l'aspect thérapeutique et du comportement du chaman ont mis un doute sur ce caractère religieux, rejoignant l'échec des théories sociologiques à le définir comme tel, notamment du fait de l'absence de doctrine, de clergé et de liturgie.
L'anthropologie contemporaine ramène plutôt le chamanisme à un mode d'organisation des expériences des individus chamanes. Pour Roberte Hamayon, le chamanisme s'enracine dans la vie de chasse, et, à ce titre, est conditionné "par la donnée empirique qu'est le caractère imprévisible de l'apparition du gibier", "la pensée chamanique s'interprète comme la création de moyens symboliques pour agir sur cet aléa" ... "les changements dans la place et la nature des aléas commandent l'évolution du chamanisme"[5]. Au centre des rituels chamaniques Bouriate, il y a le jeu, jeu rituel dont l'issu rappelle les aléas de la vie de chasse, et "qui récuse la transcendance et impose l'altérité". Il est remarquable que les Bouriates se définissaient eux-mêmes comme peuples à chamanes, par opposition aux peuples à Dieux pour se différencier des Russes lors de la colonisation.


Enfin, la question de l'assimilation ou non du chamanisme à la religion a permis de se (re)poser des questions quand à la nature du phénomène religieux, conduisant par là à une reconceptualisation de celle-ci.


Chamanisme et préhistoire
La première tentative sérieuse d’expliquer art pariétal européen par un chamanisme paléolithique a été proposée par Horst Kirchner en 1952[6]. Déjà critiquée dès cette époque, cette hypothèse fut pourtant considérée comme acquise par Andreas Lommel qui, dès 1960, écrivait: "« On a pu prouver, grâce à l’art de chamans qui vivent à notre époque, que de nombreuses peintures rupestres franco-cantrabriques, même anciennes, sont ‘chamanistes’, c’est-à-dire qu’elles sont l’œuvre de chamans et s’inspirent de leur mode de pensée. Pour comprendre les peintures rupestres, il est donc indispensable de bien expliquer ce qu’est un chaman". En plus de cette affirmation erronée (car il est faux d'écrire à ce propos : "on a pu prouver"), Lommel commettait une autre erreur — qui sera largement reprise par la suite — celle qui consiste à systématiquement associer chamanisme, transe et extase: "Le chaman", écrivait-il en effet, "fait office de prêtre et de médecin, mais à la différence du guérisseur, il agit toujours dans un état de transe. Lorsqu’il conjure les esprits ou tente une guérison, il n’est jamais tout à fait conscient mais, le plus souvent, opère dans une sorte d’extase. Ceci explique la présence de phénomène psychique" [7]. A partir de ces deux erreurs s'est construite la théorie selon laquelle se retrouveraient partout dans le monde, depuis la préhistoire, les mêmes éléments chamaniques. Ainsi s'est également construite la notion d’un art universel dont la motivation (chamanique) unique serait indépendante des cultures, d’un art anhistorique échappant par nature aux analyses des ethnologues et historiens.

Plusieurs auteurs, dont les plus éminents sont André Leroi-Gourhan parmi les préhistoriens spécialistes de l'art pariétal[8] et Roberte Hamayon parmi les ethnologues spécialistes du chamanisme[9], se sont vigoureusement élevés contre cette façon de voir. Pourtant, depuis quelques années, quelques préhistoriens mal informés[10], arguant de considérations neuropsychologiques obsolètes ou fausses[11], considèrent que certaines peintures pariétales de l'Europe (comme les personnages hybrides en partie humain et en partie animaux) représenteraient des scènes et des symboles de type chamaniques et seraient liées à ces rituels.

En outre, Michel Lorblanchet a démontré que dans des sociétés chamaniques actuelles où sont effectuées des peintures dans un cadre rituel, il est impossible, sans recourir à l'avis du chamane lui-même, de deviner quelles sont les peintures qui sont chamaniques, et quelles sont celles qui ne le sont pas[12].

Bien que le chamanisme soit toujours vivant, y compris celui qui se déclare comme tel dans les sociétés occidentales modernes, il demeure donc incertain de rapprocher sa nature et ses fonctions d'avec le chamanisme des sociétés traditionnelles actuellement disparues. Cela ne signifie pas qu'il n'y aurait jamais eu de chamanisme préhistorique. Simplement, malgré son succès médiatique, cette idée n'est toujours pas prouvable par les seuls moyens de la science préhistorique actuelle, et elle reste donc l'une des nombreuses hypothèses d'interprétation de l'art pariétal qui n'ont pas été validées.


La coiffure chamanique

C'est Spitsyne[13] qui a révélé au public la découverte de plaques chamaniques coulées dans le bronze, nommées les plaques de Perm , sur les bords de la Kama et de l'Ob, dans l'Oural. Elles datent du Moyen-Age.

Recouvertes de figurations mi-humaines mi-cervidés, de têtes d'élans, de dragons, de bêtes à fourrure et d'oiseaux, dont certains à masque humain sur la poitrine. Les créatures bipèdes à figures animales ont été appelé par Spitsyne souldé [14].

Sur certaines d'entre elles, il s'agit de figuration de deux femmes-élanes, debout sur un énorme dragon et formant, à l'aide de leurs têtes d'élanes, la voute céleste sous laquelle on peut voir soit de petites silhouettes humaines, soit une silhouette masculine coiffée d'un masque d'élane.

Pour certaines de ces plaques, un parallèle a été fait, par A.V. Schmidt, avec la littérature orale laponne fixée en 1926-1927 et relatant la légende de l'homme-renne[15]. Pour Boris Rybakov [16]le culte des cervidés célestes, qu'on retrouve également sur certaines de ces plaques, est très répandu chez les peuples sibériens : chez les Evenki de la Toungouzka il y a l'élane céleste Bougady Enintyne, chez les Kéty il y a la déesse Tomane, chez les Selkoupy il y a Yliuonda Kotta. Le culte des deux maîtresses célestes du monde, semi-femmes semi-cervidés est également répandu (Nganassanes, Evenki, Dolganes, Nivkhi des îles Sakhaline).

les femmes-rennes
En entrant, la chamane aperçut deux femmes nues, semblables à des rennes : elles étaient couvertes de poils, portaient des bois sur la tête. Le chamane s'approcha du feu, mais ce qu'il avait pris pour du feu, c'étaient les rayons du soleil. Une des femmes était enceinte. Elle mit au monde deux faons... La deuxième femme mit aussi au monde deux faons... Ces faons doivent devenir les ancêtres des rennes sauvages et domestiques.
Cité par Boris Rybakov citant Anissimov.
La coiffure chamanique décorée d'un museau d'élane est attesté également par des données archéologiques. On la trouve sur une sculpture d'os provenant de la nécropole mésolithique de l'île au Renne de l'Onéga (Vè millénaire avant notre ère) et coiffant un officiant s'élevant vers le monde céleste, entouré de deux femmes, la tête tournée vers le chamane . Spitsyne l'identifie au casque de souldé des plaques de Perm. On la trouve aussi dans l'île au Renne de la Mer de Barents, dans la tourbière de Chiguir dans l'Oural, près de Palanga sur les bords de la Baltique.

Pour Boris Rybakov, le culte des cervidés célestes, étroitement associé au chamanisme, est ainsi attesté au mésolithique il y a cinq mille ans , au cours de la période du folklore de bronze du VIIè au XIè siécle, et dans les mythes cosmogoniques sibériens collectés au XIXè-XXè siècle. Son étendu géographique est celui de l'ensemble ethnique tongouze, samoyède et ougrien, mais s'étend bien au-délà d'après ses conclusions (Europe et Asie). Par contre, d'après cet auteur, aucune base ne permet de supposer qu'il ait existé chez les chasseurs de l'époque glaciaire. Bien que les figurations de cervidés soient fréquentes dans l'art paléolithique, elles ne se distinguent pas de la masse des autres animaux. Concernant peut-être la seule exception, le Dieu Cornu ne pourrait-être finalement, selon Rybakov, qu'un simple chasseur ayant mis sur lui une peau de renne pour approcher un troupeau, dans le cadre d'un déguisement. L'interprétation de l'anthropologue Margaret Murray, suivant laquelle le Dieu cornu serait invoqué dans un rituel chamanique, semble controversée.


Principes du chamanisme

Le chamane [modifier]
Le chamane est un être complexe chez qui on a voulu voir un guérisseur , un sorcier , un prêtre , un magicien , un devin , un médium ou un possédé[17].

Il existe en fait une polyvalence dans ses attributions. Celles-ci s'effectuent dans un cadre rituel bien précis , au sein de sa communauté. Elles varient d'une région à l'autre , mais aussi et surtout d'une époque à l'autre[18]. Les plus importantes sont :
-faire du tort à un ennemi
-traitement des maladies nerveuses et mentales
-fonctions thérapeutiques
-nommer un enfant
-faire tomber la pluie
-faire venir le gibier
-retrouver un objet perdu
Pour communiquer avec les esprits , le chamane se met en transe au cours des rituels. Ceux-ci se caractérisent par une expression corporelle et un état psychique particulier , dont les tremblements sont l'élément le plus évocateur (un esprit est présent dans le corps du chaman) . La transe est toujours associée à un élément musical et dans son étymologie il y a la notion de passage et de changement. Enfin, la transe s'effectue au service de la croyance. On considère parfois que le chaman se met aussi en rapport avec l'au-delà par le moyen de songes ou de visions (Quête de vision)
Le rituel du chamane n'est pas figé , il existe une personnalisation de sa pratique. Chaque chamane fait différemment des autres , il n'y a pas de liturgie et il possède un talent personnel à exercer une fonction héréditaire.
L'expression du chamane lorsqu'il est en contact avec les esprits donne une apparence de folie. En fait elle est trompeuse[19]. Le chamane est normal en dehors des séances. Son comportement pendant le rituel n'affecte ni son autorité ni son sens des responsabilités. Sont confiées au chamane des fonctions capitales pour la vie de sa communauté.

Le chamanisme de chasse

Natif Américain "conjugant" un mauvais sort dans une gravure datant de 1590.Le chamanisme de chasse a pour but de répondre à un besoin essentiel : trouver du gibier. Certains peuples de Sibérie ou d'Amérique du Nord vivant de la chasse ont conservé ses fonctions primitives. On croit que les animaux sont animés par des esprits. Le chaman les rejoint dans le monde non sensible de la «surnature». Pour se faire, il doit lui-même se transformer en animal et épouser la fille de l'esprit donneur de gibier (l'esprit de la forêt), qui lui servira de guide[20][21]. Cet esprit a souvent la forme d'un cerf. Les gesticulations du chaman, que les Européens ont parfois pris pour de la folie, ne sont rien d'autre que la manifestation de sa nature animale. De son épouse, à l'aide de séduction et de ruse, il obtient des promesses de gibiers, animaux qui viendront donner aux chasseurs leur principe vital. Mais la chasse est un échange: les esprits des chasseurs sont eux-mêmes dévorés, ce qui leur cause des maladies et conduit à une mort inéluctable. Le rôle du chaman n'est pas, normalement, d'y remédier. Il doit seulement faire en sorte que l'échange se produise , mais de façon à retarder le plus possible l'échéance de la contrepartie , c'est-à-dire la seconde phase de l'échange , par le biais d'une manipulation.


Le chamanisme d'élevage
Le chamanisme est marqué par des changements et des mutations lorsque la chasse cède le pas aux activités agricoles et d'élevage[22]. La survie de la communauté ne dépend alors plus des esprits des animaux, mais d'esprits à caractère humain, notamment de ceux des ancêtres[23]. Le monde des esprits, auparavant confiné à la forêt, s'étire vers le haut et le bas, vers ce qui deviendra le Ciel et les Enfers. Ce monde non phénoménal est souvent perçu comme étant une échelle à barreaux ou encore parfois un arbre, avec ses branches et ses racines. Le chaman est celui qui a la capacité de monter et descendre le long de ces différents niveaux de réalité, vers le Ciel ou les Enfers, de rencontrer des entités des mondes supérieurs et inférieurs (des esprits, par exemple) et de ramener de son voyage conseils, soins et pouvoirs "magiques", expansion de conscience etc.

Ainsi, pour effectuer un soin, le chamane entre d'abord dans un état de conscience modifié par le biais de transes et d'extases provoquées, par exemple, par des techniques de visualisation, de respiration, la musique, la danse ou l'utilisation de plantes psychoactives. Cet état est censé lui permettre d'accéder au monde non phénoménal. Il est souvent aidé par un ou plusieurs esprits alliés (animaux, plantes, objets ou même ancêtres) et doit alors faire face à la maladie de son patient, qui peut être visualisée sous la forme d'un monstre ou d'un mauvais esprit. Il utilise un ensemble de techniques choisies en fonction de sa situation et de sa culture, et qui peuvent aller de l'aspiration du mauvais esprit au don d'énergie... À la fin du processus, le patient est souvent censé avoir récupéré un morceau de son âme qui lui aurait été volé, ou avoir fait sortir hors de son corps un mauvais esprit.

Les thèmes majeurs du chamanisme
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La "maladie initiatique"

Elle révèle l'élection du futur chamane. Les symptômes sont conventionnels, attendus, plus ou moins provoqués, voire simulés. Elle est interprétée comme une absence de l'âme qui est partie dans la surnature, vers son électeur. L'évanouissement est le symptôme caractéristique de la maladie. Dans le cas du chamanisme d'élevage, les esprits se sont humanisés, et l'électeur est l'esprit d'un ancêtre. L'évanouissement est le moment particulier où les ancêtres emmènent l'âme du future chamane pour y être instruit.
Elle donne l'apparence de la folie et exprime la présence d'un danger de mort. Elle indique une future carrière.
L'élection du futur chamane est vécue, en général, comme un fléau, aussi bien par le candidat que par la famille de celui-çi. Le danger de mort est lié au refus d'assumer la fonction de chamane . C'est l'électeur qui s'en charge.


Le dépècement et la dévoration du corps

Le morcellement du corps, ou dépècement, ou dévoration est une mort rituelle qui est suivie d'une résurrection. Elle marque le passage du profane au sacré, l'initiation par les esprits, et s'inscrit dans le cadre de la "maladie initiatique".

Ces souffrances physiques correspondent à la situation de celui qui est "mangé" par le démon-fauve, est dépecé dans la gueule du monstre initiatique, est digéré dans son ventre.

➝ Dans le chamanisme de chasse, le morcellement du corps est le fait des esprits auxiliaires qui mangent la chair et boivent le sang du future chamane. Il s'agit surtout d'une dévoration interne. A la fin du rituel, le chaman peut alors incorporer les esprits auxiliaires dans les accessoires que la communauté lui a confectionné. Chaque séance chamanique sera par la suite l'occasion de nourrir les auxiliaires, ce qui est le prix à payer pour le service rendu : il s'agit donc d'un processus continue qui a lieu toute la vie du chamane, ce qui est à mettre en rapport avec son teint blème.

les esprits lui coupent la tête qu'ils mettent de côté (car le candidat doit assister de ses propres yeux à sa mise en pièces) et le taillent en menus morceaux qui sont ensuite distribués aux esprits des diverses maladies. C'est à cette condition seulement que le futur chaman gagnera le pouvoir de guérir.

➝ Dans le chamanisme d'élevage, le dépècement s'effectue généralement en une fois, lors de la "maladie initiatique". C'est une dévoration externe, c'est à dire qui a lieu en général en dehors du corps du chamane. Il existe certaines particularités comme la cuisson de la chair et le comptage des os. Elle est l'œuvre des ancêtres. Cependant, dans le chamanisme d'élevage, coexistent des éléments du chamanisme de chasse, ce qui se traduit par l'existence parallèle d'esprits animaux et d'esprit des ancêtres : la dévoration interne continue persiste donc parallèlement.

Tout autre est la dévoration de la chair humaine consécutive à la prédation des esprits, dont l'action entraine la maladie par le biais du départ de l'âme, voire la mort en cas de départ définitif. Ce cadre est celui de tout un chacun qui peut devenir la proie d'un esprit :

Les hommes sont le butin de la chasse des esprits, comme les rennes sont le butin de la chasse des hommes ... le monde des esprits est un monde d'affamés en quète perpétuelle de gibier humain.




L'esprit électeur et les esprits auxiliaires (alliés)
Les variations concernant ce thème sont très importantes suivant les ethnies et les époques. Il existe cependant des lignes communes qui sont abordées ici. La distinction entre l'esprit électeur (ou protecteur), et les esprits auxiliaires (ou familiers, ou gardiens) revient constamment.

L'esprit électeur est en général unique. C'est lui qui choisit le chamane et le protège toute sa vie. Il possède une double identité, féminine et masculine. Il est impossible de s'y soustraire, sous peine de mort. La plupart du temps, il accorde au chamane le service des esprits auxiliaires. Au cours de la séance chamanique, l'éclat de furie du chamane correspond à son union avec son électeur et assure le départ et le voyage du chamane dans la surnature, avec le concours des esprits auxiliaires.
Dans les sociétés de chasse, l'esprit protecteur choisit "par amour" son chamane et devient son conjoint surnaturel. Il est l'esprit de la fille de la forêt, le donneur de gibier. Son exigence est de l'ordre de la jouissance. Il existe ainsi une forte connotation sexuelle avec celui-ci. Il octroie au chamane son droit de chasse dans la surnature.
Dans les sociétés d'élevage, l'esprit protecteur est en général l'esprit d'un ancêtre, lui-même ayant été chamane. Et de ce fait l'enseignement du chamane provient souvent de cet esprit, le préparant à des révélations et à des contacts avec des êtres divins ou semi-divins (rôle de psychopompe).
Parfois l'électeur est un esprit céleste mineur.

Les esprits auxiliaires sont en général soumis à l'esprit électeur : c'est ce dernier qui les transmet au chamane (chamanisme de sibérie). Parfois, la transmission se fait par héritage. Parfois leur concours doit être un acte de volonté et de recherche personnelle de la part du chamane (chamanisme nord américain). Pour obtenir leurs services, le chamane doit les nourrir de son propre corps : leur exigence est alimentaire. Ils donnent au chamane les moyens de la chasse dans la surnature : ce sont les pouvoirs chamaniques. Chacun est spécialisé dans un service. Un chamane peut en avoir plusieurs ; c'est d'ailleurs au nombre d'esprits auxiliaires qu'un chamane est fort ou faible. La relation d'un auxiliaire au chamane est soit de l'ordre du bienfaiteur, soit de l'ordre du serviteur. Le transfert des esprits auxiliaires se voit et s'effectue dans les accessoires de son costume. La réunion des esprits auxiliaires peut parfois prendre plusieurs années, et fait intervenir une grande partie de la communauté.
La plupart du temps ils ont la forme d'un animal : ours, loup, cerf, lièvre mais aussi oie, aigle, hibou, corneille ... Ils peuvent également être des esprits de la nature : esprit des bois, de la terre, d'une plante, du foyer, fantôme ... Le chamane prend possession de l'esprit auxiliaire au cours de la séance chamanique. Bien plus qu'une imitation de celui-ci, il est identifié à cet esprit et se métamorphose en lui : c'est l'ensauvagement du chamane, suivant Roberte Hamayon. L'auxiliaire a alors un rôle de psychopompe, c'est à dire qu'il accompagne le chamane dans l'au-delà : c'est l'expérience ou le voyage extatique du chamane, suivant Mircea Eliade.


Les voyages de l'âme
Avertissement : le folklore est très prolixe sur les voyages de l'âme . Les variantes et les techniques sont foisonnantes et il est impossible d'en embrasser l'ensemble des conceptions . Parfois les données sont mêmes contradictoires suivant les points de vue des auteurs . Les points de vue décrits ci-dessous sont un schéma général qui permettent d'y voir plus clairs et de s'orienter plus facilement lors de la lecture d'ouvrages traitant du chamanisme .

L'âme a la faculté de quitter le corps, chez les gens ordinaires, comme chez le chamane et le héros épique.
Chez les gens ordinaires, elle le quitte à certains moments particuliers : pendant le rêve, l'ivresse et la maladie . Ils ne sont pas controlés .
Chez le chamane, le départ de l'âme se voit au cours de la maladie initiatique (absence d'âme), au cours de la furie pendant la séance chamanique (ensauvagement selon Roberte Hamayon), au cours de son voyage dans le monde des esprits (l' extase de Mircea Eliade) . Il réalise ici-bas et autant de fois qu'il le désire la "sortie du corps" .

Les voyages de l'âme sont largement attestés dans la culture : littérature, croyances et mythologie, récitation des épopées.
Il existe une similarité entre les récits des extases chamaniques et certains thèmes épiques de la littérature orale : l'aventure héroïque s'apparente au voyage du chamane dans la surnature . Souvent il s'effectue sous la forme et l'apparence d'animaux . Il s'agit de franchir des espaces dont la forme humaine interdit l'accès . Les épopées exirit-bulagat sont ainsi des modèles et le véhicule d'une idéologie où ces voyages et ces métamorphoses sont largement attestés .
Le support concret et naturel des voyages de l'âme est représenté par les oiseaux . Les cygnes sont les porteurs d'âmes par excellence : ils rapportent de l'âme pour les enfants et les animaux à naître, témoignant de l'animation et du renouvellement de la vie, conformément à la pratique des grands rituels de printemps et d'automne . Il est d'ailleurs instructif de savoir que l'âme prend l'apparence d'un oiseau, aussi bien chez l'enfant avant l'acquisition de la parole, que chez le vieillard, lors de la perte des dents et l'apparition de la confusion verbale : dans les zones sans parole , en deçà et au-delà, l'âme est dans un état potentiel, elle peut quitter le corps en s'envolant.
L'âme ne reste dans le corps qu'à condition d'y être bien nourrie. Tout affaiblissement augmente la vulnérabilité du corps et devient la proie des esprits dont la stratégie est d'expulser l'âme et de la maintenir à l'écart de celui-ci . Nourrir les esprits est donc un acte préventif et protecteur .

D'une façon schématique, le voyage du chamane fait suite à l'accès de furie pendant la séance chamanique . Cette folie est l'ensauvagement qui correspond à l'union avec un esprit . Pour Roberte Hamayon, cet ensauvagement est la condition de la réalisation du voyage et traduit l'éloignement du monde des hommes . Pour Mircea Eliade, l'incorporation et la possession par des esprits sont des phénomènes universellement répandus qui n'appartiennent pas stricto sensu au chamanisme .
A sa suite, le chamane s'effondre, en général en un lieu réservé . Il est inanimé . C'est un état de transe cataleptique . Son âme est dans la surnature, avec les esprits . L'angoisse règne dans l'assistance sur ce temps mort : va t'il revenir ? C'est la période de l' extase de Mircea Eliade, au cours de laquelle s'effectue les expériences de vol magique, d'ascension au Ciel, ou de descente dans les Enfers . Pour ce dernier, l'extase est la cause de l'incorporation des esprits, et non son résultat . C'est même l'élément spécifique du chamanisme .
De retour, le chamane raconte ce qu'il a vu, ce qu'il a fait. Il peut le mimer également, le chanter, le danser, avec cris et exclamations . Pour Mircea Eliade, la danse peut faire partie intégrante de l'extase, de même que l'imitation chorégraphique d'un animal . Lorsqu'il répond aux questions de l'assistance, c'est parfois l'esprit qui habite le chamane qui parle . Il s'agit alors d'une transe dramatique .

Le vol magique du chamane est largement tributaire de la cosmologie du monde . Celui ci est divisé en trois parties : le Ciel, monde des divinités, la Terre, monde des hommes, et les Enfers, monde des ancêtres . Le vol traduit la transcendance du chamane par rapport à la condition humaine, et l'autonomie de son âme . Il traduit également l'intelligence et la compréhension des choses secrètes et des vérités métaphysiques . Parce qu'il est capable de monter et de descendre dans les sphères, les esprits peuvent descendre et s'incorporer au chamane . Mais le vol magique déborde aussi le cadre du chamanisme puisque c'est une idéologie de la magie universelle .
Le vol s'effectue donc vers le haut et vers le bas .
Vers le haut, c'est l'ascension, la montée vers les puissances célestes . Le Chamane peut passer par l'orifice de l'étoile polaire, le clou du ciel, ou le nombril du ciel . Le chamane intercède auprès des divinités qui règnent sur le monde animal : il va chercher des âmes . Mais il peut aussi intervenir dans le cadre d'une famine . Ou dans le cadre de la divination .
Vers le bas , c'est la descente dans le royaume des ombres, ou au fond de la mer où se trouve les divinités des animaux marins (cas des esquimaux) . Le chamane descend chercher l'âme d'un malade , ou pour voler une âme et la faire naitre dans notre monde . Ou pour chasser des mauvais esprits . Ou pour rétablir un contact spirituel avec la mère des animaux .
Le vol magique s'effectue essentiellement au cours des rituels . Les plus fréquemment cités sont :

les rituels d'élection d'un nouveau chamane
les rituels de l'animation du tambour, afin que celui-ci soit utilisable
les rituels de renouvellement de la vie, printaniers, comme promesse de gibiers et coïncidant souvent avec l'arrivée des oiseaux migrateurs
les rituels automnals
les rituels de cure chamanique, souvent privés et de guérison

Le tambour


Shamans DrumLe tambour, de même que le costume, est un accessoire obligatoire chez tous les chamans. D'autres instruments peuvent également servir de tambour : les cannes chevalines, une cloche, une guimbarde, une poêle à frire, une corde. L'identité sexuelle du tambour est à la fois mâle (pour la peau) et femelle (pour le cadre). L'animation du tambour est cruciale pour l'entrée en fonction du chaman.


Ses fonctions sont multiples :

fonction d'instrument de musique. Sa sonorité doit ressembler (Mongols) au brame du cerf pour effrayer les esprits ennemis. La peau est chauffée pour être tendue afin qu'elle résonne mieux (mais aussi parce que le feu est lié à l'idée de réanimation : voir ci-dessous).
fonction de véhicule, de monture terrestre, aérienne ou de barque (dans le monde aquatique).

La fonction de monture n'est qu'un cas particulier, et ne représente pas généralement un acte de soumission de l'animal à l'homme. C'est d'un art autre que celui de l'équitation dont il s'agit : la réputation de l'ardeur amoureuse de l'épouse surnaturelle du chaman en est un exemple[26].
d'arme défensive et offensive
de porte-parole
de double animal (que sa peau se déchire et son maître en meurt). Le tambour et le chaman forment le couple chamanique.
de support d'esprits et d'âmes, humaines (celles du groupe) ou animales (rapportées de chez l'esprit de la forêt en gage de gibier à venir).

Bien que la peau du tambour porte souvent un dessin de cervidé à large ramure, le tambour n'est pas qu'une simple figuration d'esprit. Il est un support ou un lieu de rassemblement des esprits (auxilliaires notamment). Du statut d'objet, il passe ainsi au statut d'être animé grâce aux rituels d'animations qui redonne vie (ou renouvelle la vie) à l'animal dont la peau a servi à le fabriquer[27].
Dans certains groupes (les Sor) le chaman épouse son tambour (l'esprit féminin du tambour est alors une véritable épouse), concrétisant ainsi le mariage avec la surnature (la fille de l'esprit de la forêt) et traduisant l'alliance surnaturelle (le tambour héberge l'épouse surnaturelle).
Les rituels d'animation sont variables d'une contrée à l'autre. Ils nécessitent la coopération des membres de la communauté. Les rituels de grandes ampleurs se font principalement au printemps (Selkup). L'animation du tambour, dans ce cadre, est une promesse de gibiers, garantissant le succès à la chasse. Les rituels évoquent alors une chasse symbolique à l'animal imaginaire. Mais les rituels d'animation peuvent être plus autonome, faisant suite, par exemple, à la chasse réelle d'un animal destinée à fournir la peau du tambour : le chant du chaman peut alors retracer la vie de cet animal.
C'est l'esprit clanique (par exemple l'esprit de la montagne) qui déterminera l'utilisation future du tambour, ainsi que le nombre de ses remplacements.

Le chamanisme dans le monde
Le chamanisme a existé en Chine. Il a été repris par le taoïsme. Selon un ouvrage du IIIe siècle, le Baopuzi, le prêtre connaît des voyages extatiques qui l'emmènent au ciel, où il peut rencontrer des dieux, des ancêtres, ou trouver des remèdes médicaux. Il est aidé par des animaux, dragons, tigres ou cerfs. Une caractéristique générale des chamans est justement de pouvoir se rendre au Ciel ou dans les Enfers.

Il y a des exemples très nets de chamanisme dans le monde indo-européen, surtout dans sa mythologie. Ainsi, le dieu Odin des Scandinaves peut quitter son corps, qui gît alors comme endormi, sous une forme animale, et voyager là où il le désire. Il possède un cheval à huit pattes, très rapide, qui est aussi identifié à un arbre cosmique (Yggdrasill) semblable à celui utilisé par les chamans lors de leurs voyages. Par ailleurs, Odin est un grand magicien et il peut forcer les morts à livrer les secrets de l'Au-delà, ce qui est une prérogative du chaman. Dans la Grèce antique, on connaît le poète Aristée de Proconnèse. Il était transporté au loin lors de «délires apolliniens» (Apollon étant un dieu apparenté à Odin). Il abandonnait son corps, qui gisait comme mort. Sur son île, une statue le représentait à côté d'Apollon (Hérodote, IV, 13-15). Pline l'Ancien rapporte qu'elle représentait son âme quittant son corps sous la forme d'un corbeau.

En vérité, la cosmologie indo-européenne est conforme au chamanisme néolithique : l'univers est constitué de trois mondes, le Ciel, la Terre et les Enfers, qui sont reliés par un arbre. La voyance, la divination ou la magie sont plus l'affaire des femmes que des hommes (d'où les croyances aux sorcières). Le chamanisme masculin se voit relégué dans la mythologie tandis que les fonctions sacerdotales sont exercées par une classe de prêtres.


Chamane Saami avec son tambour magiqueLes Scandinaves considéraient leurs voisins Lapons (de langue finno-ougrienne) comme de grands magiciens. Ils appelaient aussi ce peuple les Sameh (singulier Same), comme les Lapons se nomment eux-même. De toute évidence, le chamanisme était très développé chez eux. Les chamans sameh étaient appelés des noaides. Leurs pratiques ont été décrites au XIIIe siècle dans l'Historia Norwegiae. Ils officiaient grâce à des assistants qui chantaient et ils utilisaient un tambour (comme leurs homologues sibériens) et un marteau de corne. Ils pouvaient prendre une forme animale pour aller se battre contre un confrère, découvrir un voleur ou même le mutiler à distance, attirer le gibier à portée des chasseurs ou le poisson dans le fjord, provoquer des états d'hypnose ou d'illusion des sens. Les Finno-Ougriens sont originaires des forêts du nord de la Russie. D'une manière ou d'un autre, une analyse fine du chamanisme le fait toujours provenir du nord de l'Eurasie.

En Corse, peut être trouvé le Mazzeru (voir Mazzérisme). Le Mazzeru n'est pas toujours considéré comme faisant partie de ce monde à part entière. N'étant ni du monde des vivants, ni du monde des morts, il se situe plutôt à la limite de ces deux mondes. Il est également désigné, selon les régions, sous les noms de Culpadore, d'Acciacatore et bien sûr de Mazzeru. Ces trois termes sont formés à partir des verbes acciacà, culpà, amazzà, qui signifient « tuer » en frappant. Cette fonction de tuer provient de la capacité du Mazzeru à « chasser en rêves ». Lors du sommeil du Mazzeru son double spirituel va dans le monde des rêves participer a une partie de chasse, le Mazzeru tuant le premier animal (sauvage ou domestique) qu'il croise. En retournant la bête sur le dos, la tête de celle-ci se transformera en visage humain. Cet humain, connu du Mazzeru, est condamné à mourir entre trois jours et un an plus tard. Hommes et femmes peuvent être des Mazzeru, même si les femmes sont réputées être plus acharnées que les hommes dans leur façon de tuer.Mais il existe aussi le Spalisti.

Le français Mario Mercier, écrivain, poète, artiste est l'un des rares chamanes français aujourd'hui en activité, a publié un "Manifeste pour un nouveau chamanisme".


Animisme

Posté le 29.03.2007 par wicca
L'animisme (du latin animus l'esprit) est une croyance ou religion selon laquelle la nature est régie par des âmes ou esprits, analogues à la volonté humaine : les pierres, le vent, les animaux. Il se rencontre surtout chez les sociétés traditionnelles comme en Afrique, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Sibérie ou en Océanie. Dans les pays scandinaves, il existe un fond animiste en parallèle au christianisme.

Le psychologue Geoffrey Miller a suggéré que les chances de survie des humains étaient grandement augmentées s’ils développaient un mécanisme permettant de projeter des intentions sur les objets de leur milieu (en particulier bien entendu autres humains et animaux divers) pour prédire leurs réactions. Cette disposition a donc été favorisée par la sélection naturelle et l’animisme pourrait en constituer une conséquence.


Étymologie
Le mot animisme a été inventé par le médecin allemand Georg Ernst Stahl pour réfuter la séparation platonicienne, puis cartésienne, entre le corps et l'âme et y opposer une vision de l’âme couvrant tout l’être humain. C’est uniquement par la suite que les limites sémantiques du mot vont inclure des synonymes comme paganisme.


Différents types d'animisme
Les sociétés animistes peuvent être monothéistes ou polythéistes. En effet, on peut considérer qu’il y a une âme dans chaque objet et croire en un dieu créateur unique.

On distingue deux types d’animisme majeurs :

le chamanisme qui considère que seules de rares personnes peuvent entrer en communication avec les divinités à travers la transe ;
ou, comme le vaudou, une conception qui considère que c’est la divinité elle-même qui vient prendre possession des individus.

Le tylorisme
Edward Tylor est l’un des premiers sociologues à avoir établi une théorie intéressante sur l’animisme. Aujourd’hui, ses théories sont discutées, mais il n'en reste pas moins que le tylorisme a posé des concepts de base primordiaux qui ont permis de mieux définir et cibler l’animisme.

Ainsi, l’animiste croit en l’existence d’esprits ou de génies cohabitant avec les hommes et qui lui sont révélés chaque jour par des événements mystérieux participant à sa vie quotidienne.

Lors de rêves, fièvres ou sous l’effet de drogues, l’animiste considère qu’il se scinde en deux parties : le corps qui subit les altérations d’état, et l’âme, qui s’en échappe pour aller dans un ailleurs. Le sujet vit des événements fictifs, voit des choses qui n’ont pas lieu mais, pour l’animiste, si ces visions existent là, sous ses yeux, à des moments particuliers de sa vie, alors elles existent en permanence dans un ailleurs, de façon indépendante à lui-même. Il y a donc pour l’animiste deux réalités : une tangible et corporelle et une autre intangible issue du domaine des esprits.

Par exemple, pour lui, le fait que l’on puisse voir lors de visions l’image d’êtres morts prouve que les morts existent toujours sous une autre forme après la mort.

En partant de cette conception de base, on comprend rapidement le cheminement conceptuel établi par l’animiste : si un individu peut se dédoubler (puisque l’homme peut fréquenter les deux réalités), alors l’homme possède une part de lui-même qui peut aller où bon lui semble, dans le passé, le futur et ailleurs même. Cette croyance concerne d’ailleurs aussi les animaux, végétaux et objets (conclusion logique, puisque ceux-ci existent aussi dans nos rêves : cela signifie qu’ils existent aussi dans le monde spirituel). Cela a rejoint les préoccupations d’Elisabeth Kübler-Ross sur les expériences de mort rapprochée.

Cependant, les théories de Tylor sont remises en question dans la hiérarchisation même des différentes pensées religieuses qu’il avait tenté d’établir.

Ainsi, le sociologue, bien qu’ayant réussi à définir et à tracer les contours de la réflexion animiste, a tenté de poser sur celle-ci une pensée typiquement mosaïque. Pour le tylorisme, le monothéisme serait alors la conséquence des pensées animistes. Il ne s’agirait dès lors plus d’une intuition ou d’une vision de Dieu, telle qu’elle apparaît aux animistes, mais d’une intellectualisation de la pensée animiste.

La hiérarchisation de Tylor s’effectue en ce sens :

l’animisme : cette conception serait le point de départ de la pensée religieuse et se retrouverait chez les sociétés dites primitives.
le fétichisme : souvent confondu avec l’animisme, le fétichisme serait en fait une version idolâtrée de ce dernier. L’homme attribuerait dès lors une dimension divine aux éléments terrestres avant de les réunir dans des Panthéons qui contrôleraient la destinée humaine. Ce phénomène découle logiquement de l’animisme comme étant une constatation de l’impuissance de l’homme à contrôler les événements de ses rêves et délires. Le monde spirituel, inaccessible à l’emprise de l’homme, est alors considéré rapidement comme supérieur à ce dernier…
le polythéisme hiérarchisé : propre aux peuples « semi-civilisés ». On attribue un pouvoir croissant à certaines divinités au dépend des autres qui leur sont inférieures. Les divinités en question deviennent des dieux. De plus, ces divinités subissent une personnification importante au cours de cette évolution (cf. la mythologie grecque).
le monothéisme : qui affirme l’existence d’un seul et unique Dieu créateur et régisseur du monde. C’est le choix d’une divinité supérieure dans le panthéon et que l’on monte au stade de divinité suprême et absolue. Le monothéisme serait donc l’aboutissement de toute religion aux yeux des tyloristes.
Il n’est cependant pas rare de rencontrer au sein même des civilisations animistes un dieu primordial, antérieur au restant des esprits, et donc une pensée de type monothéiste. Dans la mythologie grecque (dans sa conception hésiodique) : le perfectionnement des dieux grecs va même vers une multiplicité et non une unicité de ceux-ci. Au début de la Cosmogonie, il n’y a que deux divinités primordiales, tandis que par la suite le panthéon s’élargit de façon considérable, spécialisant le rôle de chaque divinité…

James George Frazer et Marcel Mauss vont à l'encontre des théories tyloristes, en dressant une distinction nette entre le culte des esprits et les religions, cultes de divinités qui se situeraient « sur un autre plan ».

L’animisme, à la différence des religions, ne tente pas de rassembler les peuples ni ne se soumet à une vérité seule et indivisible. Les animismes sont multiples. Ils possèdent des analogies, mais aussi des différences chez des clans peu distants géographiquement. À ce titre, il est bon de signaler que les totems n’ont pas fonction d’icônes ni d’idoles, mais de lien symbolique entre la nature et le sacré.


Sorcellerie

Posté le 29.03.2007 par wicca
La sorcellerie est un terme controversé et son histoire est complexe. Selon le contexte et le milieu culturel dans lequel ce mot est employé, il désigne des idées différentes, voire opposées. Chaque société possède ses propres conceptions en matière de tradition, de croyance, de religion, de rites, de rapport à l'au-delà et à la mort et d'esprits bons ou mauvais ; il est parfois impossible de trouver un équivalent d’une culture à l’autre.

Le terme sorcellerie désigne souvent la pratique de la magie. Selon les cultures, la sorcellerie fut considérée avec des degrés variables de soupçon voire d'hostilité, parfois avec ambivalence, n'étant intrinsèquement ni bonne ni mauvaise. Certaines doctrines religieuses considèrent toute forme de magie comme de la sorcellerie, la proscrivent ou la place au rang de la superstition. Elles opposent le caractère sacré de leurs propres rituels aux pratiques de la sorcellerie.

Ce terme est également employé de façon péjorative en référence à la pratique de la magie. La sorcellerie est alors, dans cette acception, l'accusation portée à l'encontre de ceux qui utilisent des moyens surnaturels pour un usage réprouvé par une majorité de la société. Les croyances en ce type de praticiens de la magie se sont rencontrés dans la plupart des sociétés humaines. De telles accusations ont parfois mené à des chasses aux sorcières.Dans d'autres sociétés , les chamans ou les griots étaient non seulement bien acceptés en tant que praticiens des rituels traditionnels et d'intercesseurs avec les forces et les énergies de l'invisible, mais respectées, parfois craints, et souvent placés en positions socialement dominantes.

Pour les religions monothéistes occidentales (principalement le judaïsme, le christianisme et l'islam), la sorcellerie fut souvent condamnée et considérée comme une hérésie. La notion de sorcellerie prit une grande importance pour les catholiques et les protestants à la fin du Moyen Âge. À cette époque la sorcellerie a progressivement été assimilée à une forme de culte du Diable. Des accusations de sorcellerie ont alors été fréquemment combinées à d'autres charges d'hérésie contre des groupes tels que les Cathares et les Vaudois.Certains groupes anciens ou modernes se sont parfois plus ou moins ouvertement réclamé d'un culte "sataniste" dédié au mal.


Étymologie
Deux origines possibles sont retenues concernant le mot sorcellerie. Certains affirment qu'il dérive de sourcier et d'autres affirment qu'il dérive du mot sort, maléfice lancé par un "jeteur de sorts".

La traduction allemande est "hexe" dérivée du vieux allemand "Hagazussa", c'est-à-dire Zaunreiterin femme qui monte un Balai, d'où l'image traditionnelle de la sorcière en train de voler sur son Besom (mot désignant le balai).
En espagnol , "bruja" provient du terme ibère bruixa, et plus précisément du galicien bruxa.
Le mot anglais "witchcraft" est directement dérivé du vieil anglais wicca (homme chaman) et/ou wik (femme chaman). D'autres pensent que la racine commune à Witchcraft et wicca et wik serait Wit, qui désignerait la connaissance / sagesse en très vieil anglais.

Sorcier

Les Trois Sorciers, par Johann Heinrich Füssli, SuisseSelon l'acception générale et populaire du terme, le sorcier est un jeteur de sort, recourant à la magie noire. Il peut être "spécialiste" d'un domaine, telle la communication avec les esprits, généralement de défunts (on parle alors plus volontiers de mage ou de voyant), ou l'animation d'êtres morts (Voir: nécromancie).

Du point de vue anthropologique, le mot sorcier peut recouvrir différentes fonctions comme chaman ou homme-médecine.

C'est aussi un personnage maléfique présent dans les contes et les légendes. Il figure désormais dans l'univers du jeu de rôles, dans l'univers de Terry Pratchett et autres, plus fantastique, tels qu'Harry Potter.


Sorcière
La sorcellerie désignant tout ce qui est considéré comme surnaturels sans appartenir à la religion officielle ou tout ce qui est relatif au mal dans ces mêmes religions. Il apparait que dans les mythologies des premières sociétés humaines (société matriarcale), la femme avait un rôle important. La religion ancienne devenant le diable de la nouvelle, le christianisme associa souvent les femmes à des rôles maléfiques telles que les parques de la mythologie gréco-romaine ou encore Ève dans le mythe d'Adam et Ève, qui s'allie au serpent (agent du mal), pour plonger l'homme dans sa triste condition. Ceci explique partiellement le rôle prépondérant des sorcières à celui des sorciers dans les mythes populaires européens.


Pratiques considérées comme de la sorcellerie
Le terme sorcellerie est communément appliqué aux pratiques visant à influencer le corps ou l'esprit d'une personne, pratiques jugées subversives et mettant en péril l'ordre social.

Certains, comme les néo-païens, considèrent la nature maléfique de la sorcellerie comme étant une projection chrétienne. Cependant, le concept de "praticien de la magie" influençant le corps ou l'esprit d'autrui contre son gré était présent au sein de nombreuses cultures avant même l'introduction du monothéisme. En effet, de vieilles traditions de "magie blanche" ou religieuses avaient déjà pour but d'identifier ou de contrer ces praticiens. Beaucoup d'exemples de ce type peuvent être trouvés dans les textes anciens provenant d'Égypte et de Babylone. Dans les cultures où l'on croit que le sorcier a le pouvoir d'influencer le corps ou l'esprit d'autrui, il apparaît une cause crédible de maladie (chez l'homme ou l'animal), de malchance, de mort soudaine, d'impuissance ou maux divers dont l'origine paraît inexplicable. Une magie folklorique bénigne et socialement plus acceptable peut alors être utilisée pour remédier au sortilège, ou identifier le sorcier à l'origine du mal afin de s'en défendre ou d'en défaire l'enchantement.

Plusieurs pratiques magiques sont assimilées à la sorcellerie, de telle sorte que les personnes qui les utilisent ont été considérées comme des sorciers par les occidentaux, indépendamment de la culture dans laquelle ces pratiques sont en usage. Une des pratiques les plus connues consiste à fabriquer une poupée en argile, en cire ou en chiffons à l'effigie de personnes réelles et les actions qui sont effectuées sur ces poupées sont censées être transférées aux sujets qu'elles représentent ('poupée vaudou' dans le vocabulaire courant, dénommée dagyde en occultisme).

La nécromancie, consistant à demander à l'âme d'un mort de révéler l'avenir, est également considérée comme une pratique typique de la sorcellerie. La sorcière biblique d'Endor est censée l'avoir pratiquée en faisant apparaître le spectre de Samuel (ou du diable métamorphosé en Samuel) à Saül.

Les croyances traditionnelles et populaires attribuent divers types de pouvoirs (acquis par contrat démoniaque dans la tradition chrétienne et monothéiste plus généralement) ont été prêtés aux sorciers : voler dans les airs, tourmenter l'esprit de leurs victimes. Les lutins, dans l'univers des contes, peuvent leur servir d'auxiliaires. Certaines pratiques considérés subversives ou abusives et parfois criminelles tombent sous le coup de la loi.


Différences entre la sorcellerie et les autres formes de magie

Parmi certains mouvements occultes contemporains, la sorcellerie est particulièrement différenciée de la magie populaire, religieuse ou cérémoniale. Les sorcières autoproclamées de nos jours (parmi les membres de la Wicca) sont connues pour utiliser le terme de sorcellerie en lieu et place de la magie populaire.


La sorcellerie européenne traditionnelle

La caractérisation européenne de la sorcière ne provient pas d'une source unique. La croyance néo-païenne suggère que les sorcières étaient simplement des femmes chaman qui ont été progressivement transformées en figures malveillantes par la propagande chrétienne. Cette vision est simpliste et suppose que l'image folklorique de la sorcière provient d'une seule source, ce qui n'est pas le cas. En effet, la caractérisation de la sorcellerie ne peut se résumer à une caricature de la prêtresse païenne ; elle a évolué au cours du temps et est une combinaison de nombreuses influences.

Dans les premiers temps du christianisme en Europe, la population, habituée à l'usage de la magie dans la vie quotidienne, attendait du clergé une forme supérieure de magie par rapport à l'ancienne magie païenne. Alors que la chrétienté concurrençait le paganisme, ce problème était d'une importance cruciale pour le clergé, qui peu à peu substitua aux pratiques ancestrales le culte des reliques des saints et du Christ, reprenant ainsi l'usage populaire d'amulettes et de talismans.

La vision européenne traditionnelle de la sorcellerie veut généralement que le sorcier, tel Faust signe un pacte avec le diable, par lequel il lui vend son âme en échange de pouvoirs surnaturels. Les sorciers et sorcières furent accusés de renier Jésus et les sacrements, de se rendre au sabbat - assemblée nocturne où ils étaient supposés exécuter des rites diaboliques, parodies de messes ou d'offices de l'église, d'y vénérer le « prince des ténèbres », afin d'obtenir un certain pouvoir.

Suivant l'universitaire Max Dashu, de nombreux éléments de la figure de la sorcière médiévale trouvent leur source avant l'émergence du christianisme. Ceux-ci peuvent être trouvés dans les bacchanales, notamment du temps où ces pratiques étaient menées par la prêtresse Paculla Annia (de 188 av J.-C. jusqu'en 186 av J.-C.).


L'exemple de l'Angleterre
En Angleterre, l’exercice de la « magie curative » revenait au guérisseur (witch doctor), aussi connu sous les termes de White Witch (Sorcière Blanche), Cunning Man (le Rusé) ou encore Wise Woman (la Sage Femme). Le terme de « guérisseur » était déjà utilisé en Angleterre avant d’être directement associé au continent africain. Le guérisseur crapuleux (Toad doctor) était crédité du pouvoir de neutraliser l’action des guérisseurs (d’autres magiciens populaires avaient leurs propres compétences ; le Girdle-measurer était ainsi spécialiste pour déceler les maux lancés par les fées, tandis que le Charmeur (charmers) pouvaient guérir de problèmes plus communs, tels que les brûlures ou les rages de dent.

« Dans le nord de l’Angleterre, les superstitions se sont enracinées dans les mœurs avec une force incroyable. Le Lancashire est plein de guérisseurs, toute une ribambelle de charlatans qui prétend soigner des maladies et des maux lancés par le Malin… Il se font appeler cunning men ; ils sont fort influents dans les comtés de Lincoln et de Nottingham. »
Ces « Rusés » ne se prétendaient que rarement sorciers, et rejetaient ce genre d’accusation. Certains écrits datant du Moyen Âge, pourtant, suggèrent que les différences entre les sorciers et les guérisseurs, à propos de ces « praticiens », n’étaient pas très claires aux yeux de la population. Ainsi, il apparaît qu’une partie de la population entendait également contacter les sorciers pour des requêtes de guérison comme de divination, bien que ces derniers étaient surtout reconnus pour être consultés par les gens désireux de faire maudire leurs ennemis. De fait, la majeure distinction était que les sorciers étaient bien plus souvent dénoncés aux autorités que les guérisseurs ; lorsque ces derniers étaient poursuivis, c’était généralement pour avoir soustrait de l'argent à leurs clients.

Une des conséquences de cet amalgame entre les différents praticiens de la magie de l’époque est la confusion actuelle à propos de ce qu’ont réellement été les sorciers, en Angleterre. Visaient-ils à blesser ou soigner leurs contemporains ? Quel rôle (éventuellement) tenaient-ils dans leur communauté ? Ces sorciers/guérisseurs peuvent-ils être assimilés aux sorciers et sorcières dont on trouve les traces dans les autres cultures ? Ou même, leur rôle et leur présence n’est-il pas tout simplement né de l’imaginaire des gens ? Dans les certitudes occidentales contemporaines, peu de différences se discernent ainsi entre guérisseurs, charmeurs, cunning men et wise women, astrologues et devins ; ils se retrouvent tous, plus ou moins, affublés des attributs du/de la sorcier(e).

Les sorciers et sorcières européens furent généralement supposés empoisonner les puits, les sources, le bétail et la nourriture, ou de la rendre immangeable, voler dans les airs à l’aide d’un balai, jeter des sorts maléfiques et répandre la peur et le chaos dans les communautés locales.


La sorcellerie dans le monde occidental contemporain
Depuis le milieu du XXe siècle, la sorcellerie s'est développée en intégrant une dimension religieuse, se revendiquant du néo-paganisme.

Si cette forme de religiosité païenne panthéiste apparaissait auparavant, dans les cultes de la nature, elle a pris une dimension nouvelle après les travaux de Margaret Murray, égyptologue anglaise du XXe siècle, qui a écrit sur la possible existence d'une religion païenne prenant sa source en des temps reculés et ayant survécu jusqu'à nos jours, et dont les sorcières regroupées en covens auraient de tout temps été les dépositaires.

Si cette hypothèse n'a pas été prouvée, elle a eu une influence sur ses contemporains et a favorisé la mise en place d'une religion néo-païenne basée sur la sorcellerie : la Wicca, dont Gérald Gardner est le promoteur. La Wicca est surtout représentée aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada. Il n'existe pas encore de statistiques officielles sur le nombre de Wiccans dans le monde.

De nos jours, certaines superstitions anciennes n'ont plus cours dans le monde moderne. Pourtant, depuis les années 1940 avec l’émergence de la Wicca, religion se réclamant de la sorcellerie, considérée et souvent appelée l'"Ancienne religion", un nombre croissant de personnes s'est autoproclamé sorcier(e). Alors que la perception occidentale de la sorcellerie reste très négative, les Wiccans n’y attachent pas de sens particulier, et n’assimilent pas non plus leurs pratiques au satanisme. En fait, la plupart des Wiccans souhaitent simplement que leurs contemporains cessent d’assimiler la sorcellerie à des pratiques maléfiques, confinant le terme à une connotation négative.

En 1968, un groupe politique radical composé de femmes s’est fait connaître dans la ville de New York sous le nom de W.I.T.C.H. , pour « Women’s International Terrorist Conspiracy From Hell » (la ‘conspiration internationale terroriste des femmes venues de l’enfer’). Ce groupe éphémère n’a pas eu d’impact particulier sur le développement de la sorcellerie, mais a marqué les esprits grâce à sa dénomination originale.

Le tout dernier symbole des sorcières est bien sûr Halloween, le 31 octobre, bien que les Wiccans lui préfèrent Samhain, qui a lieu le 1er novembre. Ce n’est pas une coïncidence si les deux fêtes ont souvent tendance à être associées ; l’association des sorcières à Halloween pourrait provenir d’une tentative de dénigrement, de la part de l’Église, de cette ancienne fête celtique célébrant la dernière récolte.

Poussé par l’alliance de la consommation au marketing, en recherche perpétuelle d’idées, de modes à lancer, le phénomène des sorcières s’est une nouvelle fois répandu, durant les dernières décennies, mais cette fois comme icônes plus ou moins sympathiques d’une culture populaire globalisée. Les films comme The Craft, Practical Magic et Le Projet Blair Witch 2 (la suite de Le Projet Blair Witch) ainsi que les séries télévisées Ma sorcière bien aimée (Bewitched) ; Charmed ; Sabrina, l'apprentie sorcière (Sabrina the Teenage Witch) et parfois Buffy contre les vampires (Buffy the Vampire Slayer) et X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) ont porté à l’écran et popularisé des enfants et jeunes sorcier(e)s. Tous ces stéréotypes ‘grand public’ n’ont cependant que peu de liens avec le mouvement de la Wicca ni avec la perception chrétienne de la sorcellerie. La plupart de ces sorcières du petit et grand écran sont, de nos jours, des jeunes femmes attrayantes dotées de pouvoirs surnaturels.

Une œuvre littéraire décrivant bien, de par sa puissance évocatrice et poétique, l'univers magique de la sorcellerie moderne dans le monde occidental contemporain, en reprenant la légende de Faust, est Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov.


La revalorisation de la pensée magique au XXe siècle
Le psychanalyste Carl Gustav Jung a proposé le concept d'archétypes dans l'inconscient humain, figures ancestrales de l'inconscient collectif, qui émergent notamment au contacts de personnes ayant un profil psychique particulier; la figure du sorcier, ou du génie malfaisant, est complémentaire du professeur/génie bienfaisant, et met en lumière non pas la personnalité propre de l'individu identifié, mais celle du sujet en proie aux figures archétypales de son inconscient, invoquées par le biais de rituels.

Le mode de connaissance magique, en concurrence avec la pensée véhiculée par les religions monothéistes en Occident, a été par elles largement dévalorisée. Ainsi Hegel, qui ne voyait dans ce type de rapport au monde qu'un ensemble de superstitions. L'anthropologue Claude Lévi-Strauss a mis en lumière la richesse et la finesse des sociétés dont la culture est essentiellement magico-religieuse, par exemple dans leurs connaissances en botanique, et leur connaissance du vivant en général.

Dans les années 1960, Carlos Castaneda, étudiant en anthropologie dans une université californienne, partit étudier les plantes médicinales au Mexique. Son expérience, relatée dans de nombreux ouvrages, est un témoignage sur la confrontation entre ces deux modes de pensée, celle, analytique, de l'Occident et ses corpus universitaires, et celle, discursive, d'un type de pensée magique. Échappant par définition aux taxonomies occidentales, cette pensée implique une participation active, voire ascétique, de l'initié, qui ne donne ses fruits qu'après de longues années.

Pierre Verger parti s'initier au Brésil, à Bahia, aux rites d'origine yoruba du candomble, poursuivit par des voyages en Afrique cette expérience initiatique. Ce type d'initiation a été perçu comme une "renaissance" par Verger ainsi que par d'autres occidentaux, initiés par la suite aux rites chamaniques et magiques de ces cultures, souvent caractérisées par l'absence de culture écrite, et résistant aux concepts occidentaux de "civilisation".

On peut ainsi conjecturer que la connotation négative du mot "sorcier" prend ses racines dans une défiguration archétypale - caricaturale - d'un mode de pensée et d'action différent de la doxa officielle. L'arbitraire des "chasses aux sorcières" en est une illustration éclairante.


Croyances anciennes du Proche- et Moyen-Orient
Comme le montrent certains textes antiques, la sorcellerie a joué un rôle aussi bien dans l’Égypte ancienne qu'en Mésopotamie, comme à Babylone. Cet extrait du Code d'Hammourabi (environ 2000 Avant J.-C.) : "si un homme en accuse un autre de sorcellerie, sans justification, celui qui est accusé doit aller à la Rivière Sainte ; Il doit plonger dedans, et si la Rivière Sainte le vainc, l’accusateur pourra prendre la maison du sorcier pour sienne" en témoigne.


La sorcellerie dans le Tanakh (Bible hébraïque, Ancien Testament)

Dans la Bible, les références à la sorcellerie sont nombreuses ; les fermes condamnation de la pratique n’y sont pas tant basées sur la suspicion de supercherie, mais bien sur la notion que la magie en elle-même est une pratique abominable. (cf. Deutéronome 18:10–11 « Qu'on ne trouve chez toi personne (…) qui exerce le métier de devin, d'astrologue, d'augure, de magicien, d'enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. », Exode 22:18, « Tu ne laisseras point vivre la magicienne. »).

Le récit de Saul rendant visite au sorcier de En Dor (I Samuel 28) nous montre qu’il croit fermement en l’évocation, par le sorcier, de l’ombre de Samuel. Enfin, d’après le Lévitique 20:27, « Si un homme ou une femme ont en eux l'esprit d'un mort ou un esprit de divination, ils seront punis de mort ; on les lapidera : leur sang retombera sur eux. »


La sorcellerie dans le Nouveau Testament
L’interdiction de la sorcellerie dans le Nouveau Testament semble similaire (Épître aux Galates 5:20, comparé à Apocalypse 21:8, 22:15 et Actes des Apôtres 8:9, 13:6).

À supposer que la croyance en la sorcellerie relevait de la superstition populaire, il est étrange de ne rien trouver suggérant que l’aspect maléfique de ces pratiques ne reposait que sur le fait de prétendre être en possession de pouvoirs qui n’existent pas.

Quelques interrogations s’élèvent de nos jours, quant à savoir si le mot pharmakeia, utilisé dans l'Épître aux Galates, trouve une traduction juste avec le terme « sorcellerie ». En effet, ce terme était communément utilisé pour parler de l'usage maléfique de drogues comme les poisons, les contraceptifs ou les substances permettant d'interrompre les grossesses.


Les perceptions judaïques de la sorcellerie
Les juifs ont souvent été perçus comme sorciers dans l'Europe du Moyen Âge, et persécutés à ce titre durant les siècles de chasse aux sorcières. Mais la grande majorité d'entre eux, perçoivent la pratique de la sorcellerie comme une forme d'idolâtrie, et donc une offense au Judaïsme et à son Dieu unique.

Il est cependant à noter qu’un petit groupe de juifs orthodoxes, qui étudient la Kabbale, croit en la magie. Dans la pratique, les rituels sont très différents de la sorcellerie « traditionnelle », mais le fondement (utiliser des forces surnaturelles pour influer sur le monde physique) reste identique. Depuis les Lumières, la plupart des juifs ont cessé de croire en la Kabbale, et considèrent ces pratiques comme ridicules.

Certains néo-païens pratiquent une forme de magie, syncrétisme du mysticisme juif classique et de sorcellerie moderne. Une référence notable de ce sujet est le livre d'Ellen Cannon Reed : « The Witches Qabala: The Pagan Pat hand the Tree of Life ». Ce livre ainsi que le Zohar ont été une source d'inspiration pour plusieurs sectes comme par exemple le centre de la Kabbale.


La sorcellerie dans le monde musulman
Les contes des mille et une nuits, avec leurs "djinns" (génies), se transformant en colonne de fumée rentrant ou sortant d'une fiole, leurs "tapis volant" et leurs îles enchantées, foisonnent de mages et de magiciennes et reflètent l'univers magique de l'orient. Ils reflètent également un monde pré-islamique, les djinns étant sans conteste une réminiscence des esprits des religions polythéistes antérieures.

Aujourd'hui, nombre de croyances populaires attribuent un grand pouvoir aux marabouts. Dans l'Islam la sorcellerie est condamnée et elle fait partie des grands péchers.


Sorcellerie africaine
Le continent africain recueille un large éventail de religions traditionnelles. Les Africains chrétiens reconnaissent généralement le dogme chrétien, tout comme leurs frères asiatiques et latino-américains. Le terme de guérisseur, souvent proposé pour traduire inyanga, a été mal interprété, et est devenu « celui qui soigne en ayant recours à la magie », loin de son sens originel de « celui qui diagnostique et soigne les maux causés par la magie ».

Les combinaisons de croyances et pratiques de l’Église catholique romaine et des traditions, croyances et pratiques religieuses ouest-africaines ont directement contribué à l’émergence du syncrétisme religieux que l’on remarque en Amérique latine, avec des pratiques, entre autres, comme le Vaudou, l’Obeah, le Candomblé ou la Santeria.

Dans les traditions sud-africaines, il y a trois différents types de personne qui pratiquent la magie. La thakatha est habituellement traduit comme la « sorcière », et est considérée comme un personnage malveillant qui pratique secrètement afin de nuire à autrui. Le sangoma est un devin, parfois un diseur de bonne aventure, dont les services sont requis pour détecter la maladie, prédire le futur, voire identifier le coupable d’un méfait. Il a également quelques notions de médecine. Enfin, le inyanga est souvent traduit par le terme guérisseur (bien que de nombreux Sud-Africains remettent en cause cette traduction, puisqu’elle perpétue l'idée erronée d’un guérisseur recourant à la magie). La tâche du inyanga est de conjurer le mauvais sort et de fournir à ses clients les gris-gris nécessaires. Parmi ces trois personnages, la thakatha est presque toujours femme, le sangoma est habituellement une femme, tandis que le inyanga est presque toujours un homme.

Ésotérisme

Posté le 26.03.2007 par wicca
L'ésotérisme est, littéralement, la doctrine des choses cachées. Le mot vient du grec εσώτερος "intérieur" (comparatif de έσω "la-dedans").

Est ésotérique une doctrine ou un dogme qui, s'appuyant sur la conception du monde d'un système religieux ou laïque donné, en propose une lecture particulière réservée à un nombre restreint d'« initiés ».

L'ésotérisme est un enseignement qui permet à l'homme de s'initier à des domaines cachés, illustrés par des symboles. Il se caractérise avant tout par une connaissance initiatique, mais souvent également par des techniques spirituelles destinées à une transformation de soi (méditation, concentration, jeûne…), le rattachement à une école de pensée au sein de laquelle l'initié peut progresser et à des pratiques rituelles individuelles ou collectives. Quand l'aspect pratique devient prédominant dans l'ésotérisme, on parle plutôt de magie. Par ailleurs, certains mouvements sectaires s'appuient sur des textes à teneur ésotérique .

Esotérisme et Exotérisme


À l’origine, l'ésotérisme désigne un enseignement professé soit à l'intérieur d'une « école des mystères », soit dans une relation particulière avec un maître spirituel.

Il est de fait réservé respectivement aux membres initiés au sein de l'école ou par le maître. Communément, le terme d'ésotérisme désigne une connaissance réservée à quelques-uns et se comprend essentiellement par rapport à son contraire, l'exotérisme, qui correspond quant à lui aux croyances, rites et enseignements véhiculés par les religions et traditions et qui s'adressent indifféremment à tous les membres d'une communauté. L'ésotérisme n'est pas à confondre avec le paranormal et l'occultisme.

Des auteurs des XIXe et XXe siècles (Eliphas Lévi, Papus, Riffard) ont tenté de rationaliser la différence entre les deux branches étymologiquement si proches.


L'ésotérisme désigne plus précisément la partie secrète d'un enseignement donné, en général métaphysique ou religieux, partie à laquelle accède l'étudiant qui a reçu la partie exotérique (publique) de l'enseignement, suite à une initiation. Certaines traditions ésotériques requièrent que cet enseignement demeure secret, et créent ainsi des statuts d'initiés, ces derniers pouvant obéir à de véritables hiérarchies (par exemple dans la franc-maçonnerie).

En résumé, tout enseignement provenant de ce qu'on appelle une « école des mystères », comme par exemple celles des légendaires Rose-Croix, des Cathares ou de la Gnose, comporte une partie exotérique (pour le profane) et une partie ésotérique (pour l'initié).

En principe, la partie de cet enseignement "cachée" au profane, n'est pas en contradiction avec l'enseignement donné au public. Il apporte en général un "deuxième sens" aux aspects de l'enseignement exotérique.

L'enseignement ésotérique comporte toujours deux types de connaissances : la théorie et l'étude, ou encore : l'intériorisation et la pratique (par exemple, méditation, invocation, magie, etc.).

Cette dualité de la connaissance explique la nécessité pour cet enseignement de se transmettre dans le cadre de la relation de maître à élève. Il s'accompagne de degrés ésotériques.

L'enseignement ésotérique s'asseoit avant tout sur une cosmologie, une anthropologie et une théosophie. Par « cosmologie » on entend, la connaissance des phénomènes et causes de la création, et ce qui en découle particulièrement sur l'origine et le devenir de l'humanité et de la création. Par « anthropologie », on entend la découverte de son origine et du rôle de l'humanité dans la création… Par « théosophie », on entend, la perception de la sagesse et du plan qui est derrière tout cela, le désir de participer à son achèvement.

Par conséquent, dans le cadre occidental, il requiert invariablement quatre critères fondamentaux établis par le Professeur Antoine Faivre :

les correspondances entre les mondes célestes et la terre
la nature conçue comme un être vivant
le rôle essentiel de l’imagination et des méditations
l’expérience de la transmutation
À ces critères s’ajoutent des éléments secondaires (non fondamentaux aux yeux de Antoine Faivre) qui sont :

la pratique de la concordance
la nature de la transmission (de maître à disciple)
Il est à préciser qu'il n'existe pas d' unanimité entre les différentes écoles. Les avis peuvent diverger sur la cosmologie, l'anthropologie, ou la théosophie et les modes d'accès à la connaissance.

L'enseignement religieux insiste sur les principes moraux, l'adoration d'un maître ou d'un dieu présenté comme exemple et sur la nécessité d'une évolution située dans le temps (paradis ou vies futures selon les cas). Il insiste sur l'acquisition de qualités morales liées à tout un code de châtiments ou de récompenses.

L'utilisation des symboles dans l'ésotérisme


L'ésotérisme fait usage de symboles. Ces derniers peuvent être empruntés aux sciences (physique, chimie, biologie ou mathématiques) ou au monde réel. Le rôle du symbole dans l'ésotérisme est de signifier autre chose que la lecture traditionnelle du concept utilisé comme symbole (voir les deux points de vue ci-dessous), soit un sens caché accessible à la raison, soit une représentation approximative d'une expérience spirituelle.

On pourra citer comme symboles fréquemment utilisés dans diverses traditions ésotériques, le pentagramme ou l'Hexagramme sacré, empruntés à la géométrie, le nombre d'or aux vertus magiques et mystérieuses ou le nombre Pi, emprunté aux mathématiques, mais aussi les animaux comme le serpent, la tortue, le crapaud ou le bouc, ou des fleurs comme les lotus ou les roses.


Points de vue

L'ésotérisme, point de vue critique
Jorge Luis Borges, dans sa nouvelle La secte du Phénix, entreprend une lecture ironique et intellectuelle du secret ésotérique en mettant en scène une secte qui protège un secret comme un trésor, ce secret étant une trivialité bien connue de tous. Plus que de railler la mécanique des sociétés secrètes et de leur soi-disant secret, c'est à une histoire elle-même symbolique d'un autre message que Borges nous convie.